Tracé 5.2 : Complexe auriculaire prématuré

Informations destinées aux patients

Homme de 67 ans sans antécédents médicaux ; ECG réalisé dans le cadre d'un bilan de santé pour l'assurance ;

ECG

Question

Sur cet ECG, on constate :

Commentaires

Description de l'ECG
L'activité auriculaire provenait initialement du nœud sinusal, avec une durée normale de l'intervalle PR et du complexe QRS ; on observe deux battements ventriculaires prématurés correspondant à des extrasystoles ; les complexes QRS sont étroits et identiques à ceux des battements sinusoïdaux, ce qui indique qu'il ne s'agit pas de complexes ventriculaires prématurés ; une analyse minutieuse (dérivation III) de l'onde T précédant le battement prématuré révèle une légère modification de la morphologie de l'onde T, ce qui oriente vers le diagnostic de complexes auriculaires prématurés ;
Explication

Un complexe auriculaire prématuré peut survenir, comme sur ce tracé, pendant la repolarisation ventriculaire (sur l'onde T qui suit le complexe QRS précédent). L'électrocardiogramme de surface enregistre, à la surface de la peau, l'ensemble des potentiels générés par le cœur. En raison d'une masse plus faible, l'amplitude des signaux générés par les oreillettes est bien plus faible que celle des signaux générés par les ventricules (complexe QRS ou onde T). De plus, la pente douce de ces deux signaux (onde P et onde T) est relativement similaire et diffère nettement de celle d’un complexe QRS (pente raide). Le diagnostic d’un complexe auriculaire prématuré peut donc parfois s’avérer difficile et nécessite une analyse minutieuse de toutes les dérivations.

Il a été démontré que les arythmies auriculaires focales sont associées à l'apparition de la fibrillation auriculaire. En effet, le type de complexes auriculaires prématurés observés sur ce tracé, présentant un profil caractéristique “ P sur T ” et provenant principalement de l'ostium des veines pulmonaires, constitue le déclencheur nécessaire à l'induction d'arythmies auriculaires. L'implication thérapeutique est claire, car ces extrasystoles peuvent faire l'objet d'un traitement par ablation radicale (déconnexion des veines pulmonaires). Il est donc nécessaire d'identifier ce type d'extrasystoles auriculaires « cachées » dans l'onde T et de les différencier des ectopies jonctionnelles, qui constituent le diagnostic différentiel d'une extrasystole à QRS étroit.

À retenir
Un complexe auriculaire prématuré précoce peut être totalement ou partiellement masqué par l'onde T du complexe QRS précédent. Une analyse minutieuse de toutes les dérivations est parfois nécessaire, car les modifications de l'amplitude de l'onde T peuvent être modestes. Elles peuvent se manifester par une simple encoche ou une irrégularité de l'onde T. Lorsqu’elles ne sont pas visualisées, cela peut conduire à un diagnostic erroné de dysfonctionnement du nœud sinusal (lorsque l’extrasystole atriale est bloquée) ou d’extrasystole ventriculaire (lorsque l’extrasystole atriale est suivie d’une conduction ventriculaire aberrante).
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