Tracé 7.2 : Schéma intermittent de pré-excitation ventriculaire

Informations destinées aux patients

Jeune fille de 15 ans admise à l'hôpital pour des palpitations ;

ECG

Question

Quel(s) est (sont) le(s) diagnostic(s) possible(s) d'après cet ECG ?

Commentaires

Description de l'ECG
Dans la partie initiale du tracé, on observe un rythme sinusal avec un intervalle PR normal, un complexe QRS étroit (présence d’une onde q septale en V6) et des troubles de repolarisation non spécifiques ; suite à un ralentissement de la fréquence cardiaque, on constate l’apparition d’une pré-excitation ventriculaire avec un intervalle PR court, une onde delta et des troubles de repolarisation ; la dépression du segment ST et l'inversion quasi systématique de l'onde T dans toutes les dérivations par rapport au tracé initial peuvent être attribuées à la modification de l'activation et à l'apparition d'une pré-excitation ;
Explication

Ce jeune patient présente une voie accessoire avec une conduction antérograde intermittente. La conduction dans une voie accessoire fonctionne selon le principe du « tout ou rien » : soit le faisceau est en période réfractaire, soit il ne l’est pas, et l’impulsion est transmise ou non aux ventricules. La période réfractaire antérograde de cette voie est longue ; une activité auriculaire lente est donc nécessaire pour que la pré-excitation devienne visible. À une fréquence cardiaque plus élevée, l’électrocardiogramme est normal (bloc de phase 3). Ce type de voie accessoire est considéré comme bénin, car une longue période réfractaire protège le patient du risque de mort subite secondaire à une fibrillation auriculaire rapide conduite par cette voie. En revanche, ce profil particulier est associé à une période réfractaire rétrograde courte de la voie, et ce patient présentait une tachycardie par réentrée orthodromique (bonne conduction rétrograde) accompagnée d’une symptomatologie invalidante. Compte tenu de la fréquence des crises (tachycardies quotidiennes), le patient a subi une ablation d’une voie antéro-septale.

 

À retenir
La conduction dans un faisceau de Kent s'effectue selon le principe « tout ou rien ». Le danger lié à ce type de voie accessoire réside dans la présence d'une période réfractaire courte. Une apparition intermittente en rythme sinusal (survenant lors d'une bradycardie) est le signe d'une période réfractaire longue et d'une nature bénigne.
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