La prise en charge des patients porteurs d'un stimulateur cardiaque présentant des épisodes d'arythmie auriculaire est complexe en raison des divers mécanismes connus à l'origine de ces arythmies et du risque d'emballement de la stimulation ventriculaire lors de la détection d'un rythme auriculaire rapide.
Le dispositif peut être programmé pour réagir à une arythmie auriculaire en passant en mode asynchrone afin d’éviter une stimulation ventriculaire à haute fréquence susceptible de compromettre la stabilité hémodynamique. La commutation de mode désigne la capacité du stimulateur cardiaque à passer automatiquement d’un mode dirigé par les sondes atriales (DDD ou VDD) à un mode non dirigé par les sondes atriales (DDI ou VDI). La fréquence de stimulation ventriculaire diminue progressivement, passant de la fréquence synchrone maximale à la fréquence esclave ou de base. Cela permet d’éviter une chute soudaine de la fréquence ventriculaire. Lorsque la tachyarythmie auriculaire prend fin, la commutation de mode revient au mode de stimulation synchrone programmé.
La commutation de mode est programmée par défaut et ne doit en aucun cas être désactivée, même si le patient ne présente aucun antécédent connu d’arythmie auriculaire. Chez ce patient, l’absence de baisse de la fréquence cardiaque est associée à une stimulation ventriculaire rapide prolongée à la fréquence maximale synchrone de stimulation. La combinaison de la perte de la systole auriculaire et d’une stimulation ventriculaire incontrôlée est à l’origine des signes observés de décompensation cardiaque.
Chez ce patient, il est nécessaire de programmer la rétraction afin d'éviter toute synchronisation ventriculaire avec une activité auriculaire rapide.

Description du tracé
L'EGM montre la détection d'un rythme auriculaire rapide et irrégulier avec stimulation ventriculaire continue ; aucune récupération après la détection d'une fibrillation auriculaire, ce qui explique la stimulation ventriculaire rapide ;