Tracé 8.14 : Torsades de pointes après un épisode de fibrillation auriculaire

Informations destinées aux patients

Patient de 84 ans présentant des antécédents de fibrillation auriculaire paroxystique, hospitalisé pour des palpitations et des signes d'insuffisance cardiaque gauche ; administration d'une dose de charge d'amiodarone et d'un traitement diurétique par voie intraveineuse ; épisodes de quasi-syncope ;

ECG

Question

Sur cet ECG, on observe :

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Description de l'ECG
Au début du tracé, on observe une tachycardie à complexes QRS étroits correspondant probablement à une fibrillation auriculaire ; arrêt spontané de l'arythmie et pause sinusale post-tachycardique ; signes d'hypertrophie de l'oreillette gauche ; sur le premier complexe QRS suivant la pause, allongement important de l'intervalle QT ; une extrasystole ventriculaire non précoce tombant sur l'onde T (partie descendante de l'onde T) ; induction d’une arythmie sur 8 complexes, tachycardie irrégulière, polymorphe, à QRS larges, présentant le tracé caractéristique de la torsade de pointes : amplitude variable des complexes QRS avec rotation autour de la ligne de base plus ou moins visible selon les dérivations ; arrêt spontané, nouvelle pause sinusale, intervalle QT long et extrasystole ventriculaire ;
Explication

Ce tracé correspond à une situation clinique fréquemment observée : une syncope chez un patient âgé, hospitalisé pour une décompensation cardiaque due à une fibrillation auriculaire. Un traitement par amiodarone et diurétique est couramment proposé ; ce traitement permet de mettre fin à l'arythmie et de supprimer les symptômes d'insuffisance cardiaque. La syncope survient au moment de la fin de l'arythmie, plus souvent lors d'une torsade de pointes que lors de la pause post-tachycardique. En effet, l’association entre une pause sinusale, un traitement par amiodarone et des diurétiques (hypokaliémie relative) a un effet synergique favorisant l’apparition d’une bradycardie associée à un allongement marqué de l’intervalle QT, deux conditions préalables indispensables à la survenue d’une torsade de pointes.

Les syndromes du QT long, qu’ils soient congénitaux ou iatrogènes, sont dus à des anomalies intrinsèques ou acquises des courants ioniques impliqués dans la repolarisation ventriculaire. Ces anomalies peuvent être accentuées lors de l’administration d’un traitement prolongeant l’intervalle QT en présence de troubles métaboliques (hypokaliémie, hypomagnésémie). Il est possible que certains patients présentant un allongement anormal de l’intervalle QT à la suite de la prise d’un médicament aient une prédisposition génétique jusque-là silencieuse qui s’exprime dans des conditions spécifiques. Bien qu’il soit difficile de prédire quels patients sont exposés au risque de torsades de pointes, l’instauration d’un traitement antiarythmique combiné (de classe I ou III) et d’un diurétique de l’anse chez un patient âgé souffrant de fibrillation auriculaire nécessite une surveillance étroite, car un allongement de l’intervalle QT et une bradycardie déclenchant l’arythmie peuvent survenir au moment de la cessation de celle-ci. Par exemple, l’intervalle QT de ce patient était parfaitement normal au début du tracé.

À retenir
L'association d'amiodarone et de diurétiques chez un patient âgé souffrant d'insuffisance cardiaque due à une fibrillation auriculaire peut augmenter le risque de survenue concomitante d'une torsade de pointes en rythme sinusal.
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