Tracé 7.5 : Tachycardie orthodromique sur une voie accessoire cachée

Informations destinées aux patients

Homme de 45 ans sans antécédents, hospitalisé pour des palpitations (plusieurs épisodes depuis un mois, d'une durée d'environ trente minutes)

ECG

Question

Dans le cadre de l'évaluation des palpitations, cet électrocardiogramme ne permet-il pas d'écarter le(s) diagnostic(s) suivant(s) ?

Commentaires

Description de l'ECG
Cet électrocardiogramme, réalisé en dehors d’une crise de tachycardie, se situe dans les limites de la normale ;
Explication

Nous avons détaillé sur le tracé précédent les caractéristiques électrocardiographiques d’une tachycardie due à une réentrée orthodromique sur une voie accessoire. Il est évident que la présence, en rythme sinusal, d’une pré-excitation (intervalle PR court, onde delta) est compatible avec une tachycardie sur voie accessoire. À l’inverse, comme chez ce patient, un tracé intercritique normal ne permet en aucun cas d’exclure une réentrée par voie accessoire via un faisceau de Kent caché. Ce type de voie accessoire ne conduit que de manière rétrograde (des ventricules vers l’oreillette), ce qui rend son identification impossible en activité sinusale (absence de conduction antérograde). L’exploration électrophysiologique a permis d’induire la même tachycardie et de mettre en évidence une voie accessoire postérieure gauche cachée, c’est-à-dire conduisant uniquement de manière rétrograde. Ces patients sont exposés au risque de tachycardies réciproques mais ne peuvent pas présenter de fibrillation auriculaire rapide conduite par la voie accessoire (absence de conduction antérograde), ce qui en limite la gravité et le risque de mort subite. Compte tenu des symptômes présentés par le patient, une ablation de la voie accessoire a néanmoins été proposée.

Dans un faisceau de Kent caché, on observe un certain degré de conduction antérograde sur la voie accessoire, qui n’est pas suffisant pour dépolariser les cellules ventriculaires et entraîner un phénomène de pré-excitation, mais qui est suffisant pour empêcher une conduction rétrograde systématique et l’apparition de tachycardies permanentes.

En cas de tachycardie avec électrocardiogramme sinusal normal, certains éléments peuvent suggérer l’existence d’une voie accessoire cachée : le diagnostic est posé si l’on met en évidence un bloc de branche homolatéral ralentisseur ; de même, une onde P’ négative en DI est très évocatrice d’une réentrée sur une voie accessoire latérale gauche. L’examen électrophysiologique permet de confirmer le diagnostic.

 

Description du tracé

Enregistrement du début d’une tachycardie ; une extrasystole auriculaire est conduite par les voies normales avec un intervalle PR allongé ; début d’une tachycardie à complexes QRS fins et identiques aux complexes sinusaux ; activité auriculaire difficile à identifier mais semblant présente en 1/1 dans la partie ascendante de l’onde T ; la localisation de l’activité auriculaire penche plutôt en faveur d’une tachycardie orthodromique sur voie accessoire ;

À retenir
Une voie accessoire est dite cachée lorsqu’il n’y a pas de conduction antérograde ; l’apparition de tachycardies orthodromiques est possible si la conduction rétrograde par la voie accessoire est préservée ; il n’existe en revanche aucun risque de mort subite en cas de fibrillation auriculaire à conduction rapide.
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