Tracé 6.6 : Flottement horaire

Informations destinées aux patients

Homme de 78 ans présentant des antécédents d’embolie pulmonaire et d’insuffisance cardiaque pulmonaire chronique ; hospitalisation pour des palpitations (fréquence cardiaque de 130 bpm) ; enregistrement de l’électrocardiogramme au moment de la réalisation d’un massage sino-carotidien

ECG

Question

Quelle(s) est (sont) la (les) bonne(s) réponse(s) concernant le(s) diagnostic(s) de cet ECG ?

Commentaires

Description de l'ECG
Tachycardie à 130 bpm avec QRS large, retard droit, axe gauche ; le massage carotidien ralentit la conduction nodale et permet de mettre en évidence une activité auriculaire rapide, régulière et monomorphe à 260 bpm ; la morphologie ne correspond pas à celle d’un flutter auriculaire antihoraire classique ; l’onde de dépolarisation auriculaire est positive, large dans les dérivations inférieures avec une encoche visible en DII, DIII mais également en aVR ; l’activité auriculaire est négative en V1 et positive en V6 ; il s’agit donc d’un flutter auriculaire horaire de l’oreillette droite, présentant initialement une conduction en 2/1 avec un bloc de branche droit et un hémibloc antérieur gauche ;
Explication

10% : les patients présentant des épisodes de flutter commun présentent également des épisodes de flutter horaire, le circuit de réentrée auriculaire droit étant le même mais tournant dans le sens inverse (dans le sens des aiguilles d’une montre). Les contraintes anatomiques et fonctionnelles sont identiques à celles du flutter commun, mais l’activation est inversée : crânio-caudale au niveau du septum, caudo-crânienne au niveau de la paroi antérieure. Si l’incidence de ce type de flutter est relativement faible, il est en revanche possible de l’induire par stimulation en salle d’électrophysiologie chez 50% des patients présentant un flutter commun.

Sur l'électrocardiogramme, on observe un aspect monomorphe et rapide (cycle de la tachycardie identique à celui du flutter auriculaire) de l'activité auriculaire. Certains éléments caractéristiques permettent d'établir le diagnostic :
• Dans les dérivations inférieures DII, DIII, aVF : on observe fréquemment une onde principalement positive, large, présentant une encoche dans la partie positive en DII (aspect de flutter positif dans les dérivations inférieures) ; cet aspect peut être moins caractéristique, avec une activité auriculaire négative rappelant l’aspect du flutter commun
• L'onde de dépolarisation auriculaire est souvent négative et de faible amplitude, avec une encoche en aVL
• La dérivation V1 présente souvent également un aspect caractéristique, avec une large activation bifide négative ; on peut également observer une encoche au milieu de la négativité de l’onde de flutter
• On observe une transition au niveau du précordium entre l'activité négative en V1 et l'activité positive en V6

À retenir
Le tableau clinique du flutter auriculaire horaire droit comprend : 1) une fréquence auriculaire généralement comprise entre 250 et 300 bpm, 2) une activation auriculaire positive avec une encoche dans les dérivations inférieures, 3) un tracé de faible amplitude en aVL, 4) une composante positive en V6 et négative en V1
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