Figure 6.10 : Flutter courant chez un patient atteint d'une cardiopathie congénitale

Informations destinées aux patients

Homme de 36 ans atteint d’une tétralogie de Fallot ; intervention chirurgicale corrective à l’âge de 3 ans ; nouvelle intervention chirurgicale avec pose d’une bioprothèse pulmonaire à l’âge de 21 ans ; hospitalisation pour décompensation cardiaque

ECG

Question

En ce qui concerne cet ECG, quelle(s) est (sont) la (les) bonne(s) réponse(s) ?

Commentaires

Description de l'ECG
Bradycardie non sinusale (45 battements/minute) ; aspect typique d’un flutter commun ; répétition d’ondes F régulières et toutes identiques ; aspect en dents de scie dans les dérivations inférieures (ligne ascendante rapide, sommet pointu, ligne descendante plus lente, sans retour à la ligne isoélectrique) ; ondes F peu visibles et de faible amplitude en DI, positives en V1 et négatives en V6 ; la durée du cycle auriculaire est de 210 ms (fréquence d’environ 290 battements/minute) ; conduction auriculo-ventriculaire variable (1/8, 1/6, 1/5) ; chez ce patient, la conduction auriculo-ventriculaire semble donc altérée, ce qui explique le rapport entre le nombre d’ondes F et le nombre de complexes QRS ; bloc de branche droit avec QRS large (175 ms), axe droit, retard marqué de la déflexion intrinsécoïde en V1 et V2 ; hypertrophie ventriculaire droite probable.
Explication

La chirurgie réparatrice de la tétralogie de Fallot est moins “ délabrante ” pour le massif auriculaire qu’une intervention de type Senning, Mustard ou Fontan. On observe toutefois une prévalence élevée de troubles du rythme auriculaire à long terme après l’intervention. En règle générale, en dehors de la phase postopératoire précoce, on observe une période de 10 à 15 ans sans survenue d’arythmie auriculaire. La prévalence augmente ensuite pour atteindre 20% à l’âge adulte. Même si la chirurgie de cette pathologie ne se concentre pas sur l’oreillette, différents facteurs favorisent l’apparition d’arythmies auriculaires. En effet, l’association entre l’atriotomie, la cicatrice auriculaire droite, la cannulation de l’oreillette puis une surcharge prolongée en volume et/ou en pression 1) entraîne le développement d’un remodelage électrophysiologique diffus de l’oreillette droite avec étirement du massif auriculaire, une distorsion de l’orientation des fibres et 2) favorise la formation d’isthmes auriculaires à conduction lente propices à la macro-réentrée. Deux types d’arythmie auriculaire droite organisée sont décrits : le flutter dépendant de l’isthme cavo-tricuspidien et le flutter péricicatriciel. Les arythmies focales sont extrêmement rares. Comme chez ce patient, les flutters dits « communs » dépendants de l’isthme sont les plus fréquents. Un circuit de macro-réentrée peut également être favorisé par la réalisation d’une atriotomie latérale droite, entraînant l’apparition d’un flutter péri-incisionnel. La durée du cycle de réentrée auriculaire est généralement plus brève lors d’un flutter péri-cicatriciel que pour un flutter isthmo-dépendant, le circuit étant plus court. L’ablation d’un flutter péri-incisionnel consiste à réaliser une ligne de bloc entre deux obstacles anatomiques : généralement entre la partie inférieure de la cicatrice et la veine cave inférieure, plus rarement entre la cicatrice et la valve tricuspide ou entre la partie supérieure de la cicatrice et la veine cave supérieure.

À retenir
Les patients atteints d’une cardiopathie congénitale ayant subi une chirurgie avec atriotomie latérale droite présentent deux types d’arythmie auriculaire organisée : le flutter commun isthmo-dépendant et le flutter péri-incisionnel. La durée du cycle de réentrée auriculaire est généralement plus courte (rythme auriculaire plus rapide) lors d’un flutter péri-cicatriciel que lors d’un flutter isthmo-dépendant, le circuit étant plus court.
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