Tracé 5.7 : Bigéminie ventriculaire

Informations destinées aux patients

Homme de 57 ans asymptomatique, sans antécédents médicaux, orienté vers son cardiologue par son médecin traitant pour une bradycardie diagnostiquée par la mesure du pouls ; réalisation d'un électrocardiogramme dans ce contexte ;

ECG

Question

Sur cet ECG, on constate :

Commentaires

Description de l'ECG
Alternance entre deux complexes QRS : 1) un premier complexe d'origine sinusale (onde P positive dans les dérivations I, II, V5, V6 et négative dans aVR) avec un intervalle PR normal (120 ms) ; QRS large présentant un profil de bloc de branche droit ; 2) un complexe ventriculaire prématuré non fragmenté, avec retard à gauche ; cet électrocardiogramme révèle donc une bigéminie ventriculaire avec alternance entre un QRS conduit et un complexe ventriculaire prématuré monomorphe avec un intervalle de couplage fixe ;
Explication

Les patients présentant des complexes ventriculaires prématurés peuvent être parfaitement asymptomatiques ; le diagnostic est alors posé lors de la prise du pouls, qui révèle une irrégularité et la présence de battements prématurés. Comme chez ce patient, la prise du pouls peut permettre de poser le diagnostic de bradysphygmie, qui correspond à un ralentissement du pouls dû à l'inefficacité hémodynamique des extrasystoles, le pouls restant normal si le complexe prématuré est bigéminé. Cette bradycardie effective peut entraîner une symptomatologie de type asthénie ou de type dyspnée d'effort.

Le nombre de complexes ventriculaires précoces observés au cours d’une même journée ne constitue pas un facteur pronostique majeur (évaluation du risque de mort subite). En revanche, il peut avoir un impact sur la fonction cardiaque. La bigéminie observée chez ce patient, si elle persiste à long terme, pourrait être à l’origine de l’apparition d’une arythmie cardiaque. La caractérisation du complexe ventriculaire prématuré peut donc être complétée par la réalisation d’un Holter-ECG de 24 à 48 heures, qui permet non seulement une évaluation quantitative sur 24 à 48 heures, mais aussi une évaluation qualitative comprenant l’analyse du nombre de morphologies différentes (extrasystoles monomorphes ou polymorphes), de l’intervalle de couplage, de l’existence de formes répétitives (présence de couplets, de triplets et/ou de salves), du lien avec la fréquence cardiaque (mécanisme catécholaminergique, vagal ou indéterminé) et de l’alternance jour-nuit (répartition nocturne et diurne). Plus que le nombre absolu de complexes ventriculaires prématurés, il semblerait que la présence d’activités répétitives avec un intervalle de couplage très court permette d’identifier les patients les plus à risque.

À retenir
La mesure du pouls chez un patient présentant des complexes prématurés peut donner une fausse impression de bradycardie (bradysphygmie) ou révéler une irrégularité dans le rythme et l'amplitude des battements perçus (amplitude accrue lors du cycle suivant la pause post-extrasystolique en raison d'un allongement de la phase diastolique).
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