Tracé 5.5 : Extrasystoles auriculaires à l'origine d'une arythmie auriculaire

Informations destinées aux patients

Homme de 64 ans présentant des antécédents de fibrillation auriculaire paroxystique ; consulte pour des palpitations

ECG

Question

Sur cet ECG, on observe :

Commentaires

Description de l'ECG
Sur cet ECG, on observe initialement une activité auriculaire sinusale accompagnée de deux extrasystoles auriculaires (modifiant nettement l’aspect de l’onde T) ; les complexes QRS suivant l’extrasystole présentent de légères modifications, avec un degré variable d’aberration de conduction de type bloc de branche droit ; une extrasystole auriculaire d’aspect apparemment identique (aspect caractéristique P/T) déclenche un épisode d’arythmie auriculaire correspondant à une fibrillation auriculaire (activité auriculaire anarchique, très rapide) ;
Explication

Ce tracé illustre un exemple de déclenchement d’une arythmie auriculaire par une extrasystole auriculaire précoce (survenant au sommet de l’onde T), ce qui suggère une origine focale. Les facteurs déterminants de la genèse et du maintien des arythmies auriculaires sont complexes, multiples et souvent étroitement liés. L’apparition d’extrasystoles auriculaires a longtemps été considérée comme une conséquence bénigne d’une consommation excessive de caféine. Ce tracé illustre toutefois le rôle central, dans le déclenchement et le maintien des épisodes de fibrillation auriculaire, d’un type particulier d’extrasystoles auriculaires reconnaissables à leur aspect électrocardiographique P/T caractéristique. La FA focale paroxystique dont souffre ce patient résulte de l’activité de foyers automatiques très rapides situés le plus souvent à l’embouchure des veines pulmonaires. Ces foyers, qui bombardent les oreillettes et en désorganisent complètement l’activation, proviennent principalement de l’ostium des veines pulmonaires, mais peuvent également provenir de la veine cave supérieure ou inférieure, du ligament de Marshall, de la crista terminalis, du sinus coronaire ou de la partie postérieure de l’oreillette gauche. Ces extrasystoles sont tellement prématurées qu’elles sont parfois difficilement identifiables ; leur mise en évidence repose sur l’existence d’une déformation parfois limitée de l’onde T. L’axe et la morphologie de l’onde P’ peuvent aider à déterminer son origine anatomique (veines pulmonaires ou autres foyers, différenciation entre les veines pulmonaires droites ou gauches, inférieures ou supérieures). La raison pour laquelle la jonction des veines pulmonaires constitue la source principale des foyers d’extrasystoles à l’origine de l’arythmie, réside dans la présence, dans la paroi des veines pulmonaires (surtout les veines supérieures), de fibres myocardiques striées provenant du toit de l’oreillette gauche. Les périodes réfractaires de ces cellules sont plus courtes que celles de l’oreillette gauche, ce qui peut expliquer en partie leur arythmogénéicité. L’enchevêtrement complexe des infiltrats myocardiques dans la paroi veineuse favorise également l’anisotropie de conduction et favorise l’apparition de micro-réentrées localisées. Le rôle majeur de ces sites arythmogènes justifie que les veines pulmonaires soient devenues la cible de techniques ablatives. Le principe de l’ablation de la fibrillation auriculaire consiste à éliminer le déclencheur de l’arythmie (isolation électrique des veines pulmonaires) et à modifier le substrat arythmogène auriculaire.

À retenir
Un type particulier d’extrasystoles auriculaires (reconnaissables à leur profil P/T) joue un rôle central dans le déclenchement et le maintien des épisodes de fibrillation auriculaire. Cet aspect électrocardiographique caractéristique correspond le plus souvent à des foyers situés au niveau de l’ostium des veines pulmonaires.
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