Une extrasystole avec un QRS court permet pratiquement d’écarter le diagnostic d’extrasystole ventriculaire (certaines extrasystoles ventriculaires provenant du septum peuvent présenter un QRS < 120 ms). En revanche, lorsque le QRS est large, les trois hypothèses restent possibles (extrasystole ventriculaire, extrasystole auriculaire ou jonctionnelle associée à un bloc de branche complet, permanent ou fonctionnel). Les périodes réfractaires des deux branches peuvent être différentes, ce qui explique qu’un influx prématuré puisse rencontrer une seule des deux branches en période réfractaire (bloc de branche gauche ou droit). Le bloc de branche peut être complet (comme sur ce tracé), incomplet ou fasciculaire (bloc localisé au niveau de la conduction distale). Lorsque le bloc de branche survient sur un complexe prématuré (une extrasystole par exemple, comme sur ce tracé), on parle de bloc en phase 3 ou de phénomène d’Ashman. À la suite d’une extrasystole auriculaire, un bloc de branche droit fonctionnel est plus fréquent qu’un bloc de branche gauche, la période réfractaire de la branche droite étant généralement plus longue. Ce n’est toutefois pas une règle absolue, comme le montre ce tracé. À l’inverse, lorsque le bloc survient à la suite d’un ralentissement de la fréquence, on parle de bloc de phase 4 ; le bloc de branche gauche est alors plus fréquent.
