Ce tracé met en évidence une sous-détection ventriculaire pouvant parfois entraîner une stimulation pendant la période vulnérable. En l’absence de détection correcte, le stimulateur fonctionne en mode asynchrone, ce qui rend impossible l’inhibition des contractions ventriculaires spontanées. Il existe un risque théorique faible, mais non nul, d’induction d’une arythmie ventriculaire polymorphe maligne compromettant la survie du patient. De plus, cette stimulation inutile entraîne une consommation d’énergie préjudiciable à la durée de vie de l’appareil.
La sensibilité, exprimée en millivolts (mV), caractérise la capacité du stimulateur cardiaque à détecter correctement les événements cardiaques spontanés. Un stimulateur cardiaque est équipé de filtres d’entrée qui permettent de détecter spécifiquement les ondes P dans l’oreillette et les ondes R dans le ventricule en fonction de l’analyse de trois caractéristiques de ces signaux électriques : le spectre de fréquence, la pente et l’amplitude.
Une programmation adéquate du niveau de sensibilité doit permettre de détecter tous les événements cardiaques spontanés survenant dans la chambre implantée, tout en évitant de détecter les événements d’autre nature (écoute croisée avec détection de signaux cardiaques provenant de l’autre chambre, myopotentiels, interférences…). La programmation d’une détection bipolaire permet d’augmenter la spécificité de la détection par rapport à une détection unipolaire en limitant le risque d’écoute de signaux extracardiaques ou d’écoute croisée, et permet de programmer des valeurs de sensibilité élevées. En revanche, en configuration unipolaire, le risque d’écoute croisée ou d’écoute de signaux extracardiaques oblige à programmer un niveau de sensibilité moindre, ce qui augmente le risque de sous-détection.
Traditionnellement, contrairement aux défibrillateurs, les stimulateurs fonctionnaient avec une sensibilité stable et fixe tout au long du cycle cardiaque. De plus en plus, même si les contraintes en matière de détection ne sont pas les mêmes (il est en effet crucial pour un défibrillateur de détecter et de traiter des troubles du rythme ventriculaire très rapides, polymorphes et de faible amplitude), les stimulateurs modernes permettent une sensibilité adaptative (niveau de sensibilité variable en fonction de l’amplitude de l’onde R ou de l’onde P détectée) avec une augmentation progressive de la sensibilité au cours du cycle cardiaque (possibilité de détecter des signaux de faible amplitude sans surdétecter l’onde T).
La mise en place d’une sensibilité ventriculaire adaptative mieux adaptée a permis de résoudre le problème chez ce patient.
