Le mode DDD correspond au mode de programmation standard des stimulateurs biventriculaires ou de resynchronisation. Il permet d’assurer une synchronisation auriculo-ventriculaire au repos comme à l’effort, en réponse à une activité auriculaire détectée ou stimulée. En effet, le principe de base du mode DDD consiste à synchroniser la stimulation ventriculaire sur la détection (fonctionnement déclenché) ou la stimulation auriculaire. Une activité auriculaire ou ventriculaire spontanée détectée en dehors de la période réfractaire inhibe respectivement la stimulation auriculaire ou ventriculaire (fonctionnement inhibé). Ce mode permet donc de préserver un synchronisme auriculo-ventriculaire pour des fréquences sinusoïdales allant des plus basses aux plus élevées (limite de la fréquence maximale). Toute détection auriculaire en dehors de la période réfractaire, comprise entre la fréquence de base et la fréquence maximale synchrone ou la stimulation auriculaire, entraîne un délai AV avec stimulation ventriculaire en l’absence de détection ventriculaire spontanée. Les délais AV qui suivent les événements auriculaires détectés et les événements auriculaires stimulés sont programmables séparément ; il est possible de programmer le raccourcissement des délais AV lorsque les fréquences augmentent (délai AV adaptable) ou leur modification en fonction des temps de conduction spontanés.
En mode DDDR, le stimulateur suit la fréquence la plus rapide, qu’il s’agisse de la fréquence auriculaire intrinsèque ou de celle indiquée par le capteur. La fréquence maximale synchrone et la fréquence maximale asservie sont programmables séparément.
La programmation du mode DDD semble donc satisfaisante chez ce patient. Cependant, le suivi permettrait probablement de mettre en évidence un pourcentage de stimulation ventriculaire proche de 100%. Cela correspondrait donc à un fonctionnement jugé normal et approprié. L’analyse en 0D0 a toutefois révélé que ce patient présente une conduction AV correcte. L’une des priorités de la programmation d’un stimulateur cardiaque est d’éviter toute stimulation ventriculaire droite inutile.
Cela permet de réduire la consommation de la pile et de prolonger la durée de vie de l’appareil et, surtout, d’éviter une stimulation ventriculaire droite qui est associée, à court, moyen et long terme, à des effets néfastes sur le plan hémodynamique, sur le remodelage ventriculaire et sur l’apparition d’arythmies auriculaires. En effet, une stimulation ventriculaire droite entraîne une séquence d’activation et de relaxation interventriculaire et intraventriculaire asynchrone.
Un taux élevé de stimulation ventriculaire chez un patient présentant une conduction AV intacte doit interpeller le médecin lors de l’entretien avec le patient et l’amener à envisager l’utilisation d’algorithmes spécifiques favorisant la conduction spontanée.

Description du tracé
Cycles de répétition AP-VP (stimulation auriculaire et ventriculaire) à 70 bpm ;