Tracé 2.2 : Dysfonctionnement sinusal avec échappement jonctionnel

Informations destinées aux patients

Femme de 73 ans, hypertendue présentant une hypertrophie ventriculaire gauche concentrique ; ECG de fond normal ; patiente asthénique ;

ECG

Question

En ce qui concerne cet ECG, quelle(s) réponse(s) est (sont) correcte(s) ?

Commentaires

Description de l'ECG
Bradycardie modérée, fréquence cardiaque de 57 battements/minute, dysfonctionnement du nœud sinusal avec absence totale d'onde P sinusale, rythme d'échappement jonctionnel (complexes QRS étroits, réguliers et modérément ralentis), conduction rétrograde (activité auriculaire négative dans les dérivations inférieures avec un intervalle RP’ fixe), hypertrophie ventriculaire gauche (indice de Sokolow de 38) avec des troubles aspécifiques de la repolarisation ;
Explication

Une fréquence sinusale normale correspond, par définition, à une fréquence au repos comprise entre 50-60 et 100 battements par minute. Il est toutefois fréquent et sans caractère pathologique d'observer, pendant la journée ou plus souvent la nuit, un ralentissement de la fréquence cardiaque chez une personne sportive ou vagotonique (l'activité sinusale pouvant parfois descendre en dessous de 40 battements par minute). On considère généralement qu’une bradycardie sinusale (avec ou sans rythme d’échappement) est pathologique lorsqu’elle entraîne l’apparition de symptômes.

Le tracé observé chez ce patient correspond à une absence totale d'activité sinusale, associée à un rythme d'échappement jonctionnel et à une conduction auriculaire rétrograde. Deux types de mécanismes peuvent être en cause : 1) l'absence d'impulsions sinusales et 2) un bloc de sortie sinusale au niveau du myocarde auriculaire (bloc sino-auriculaire du 3e degré). En l'absence d'activité sinusale, la dépolarisation ventriculaire peut être déclenchée par un centre d'automatisme secondaire qui génère l'impulsion par dépolarisation spontanée de phase 4. Lors d’un épisode de dysfonctionnement du nœud sinusal, le foyer ectopique est le plus souvent jonctionnel et se situe dans la partie inférieure du nœud auriculo-ventriculaire ou dans la partie adjacente du tronc commun du faisceau de His, appelée région nodo-hisienne. Si aucun foyer jonctionnel n’apparaît, un foyer ventriculaire (situé en partie inférieure, QRS large) ou, occasionnellement, un autre foyer auriculaire lent (le plus souvent un foyer du sinus coronaire, avec une activité auriculaire négative dans les dérivations inférieures) peut faire office de stimulateur cardiaque de secours. Lorsque l’échappement est jonctionnel, l’aspect du complexe QRS est généralement identique à celui observé en rythme sinusal. Dans de rares cas, on peut observer un tracé légèrement modifié, bien que les mécanismes à l’origine de ces différences morphologiques discrètes ne soient pas entièrement élucidés.

À retenir
En l'absence totale d'activité sinusale, un foyer jonctionnel prend le relais le plus souvent, avec un tracé du complexe QRS typique, peu ou pas modifié, et une conduction auriculaire rétrograde. Comme dans le cas d’un intervalle PR long, cette conduction rétrograde peut entraîner des symptômes résultant d’une contraction auriculaire due à la fermeture de la valve mitrale (syndrome du stimulateur cardiaque sans stimulateur).
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