Le bloc auriculo-ventriculaire (BAV) du deuxième degré de type 1 (Mobitz 1) se caractérise par la présence intermittente d'une onde P bloquée, associée à un intervalle PR variable. Le bloc auriculo-ventriculaire du deuxième degré à périodicité de Wenckebach est une forme particulière du bloc auriculo-ventriculaire du deuxième degré de type 1 ; dans ce contexte, on observe un allongement progressif de l’intervalle PR jusqu’à l’apparition d’une onde P bloquée ; après la pause, l’onde P suivante est conduite avec un intervalle PR revenant à sa valeur de base, après quoi la même séquence se répète (périodes de Wenckebach). Ces périodes peuvent être de durée variable, comprenant entre 2 et 10 ondes P conduites pour une onde P bloquée. L’augmentation de l’intervalle PR est souvent plus marquée au début du cycle de Wenckebach et tend à diminuer d’un cycle à l’autre. Par exemple, un intervalle PR de 150 ms peut être mesuré lors du premier cycle, puis s’allonger à 250 ms lors du deuxième (+100 ms), à 300 ms lors du suivant (+50 ms), et enfin à 330 ms (+30 ms) avant que l’onde P ne soit bloquée. Les cycles PP étant de durée stable, on observe donc un raccourcissement des intervalles RR avant l’apparition de la pause.
On dit que la conduction au niveau du nœud auriculo-ventriculaire est décroissante, les vitesses de conduction variant en fonction de la fréquence des impulsions (implication des canaux calciques), ce qui n'est pas le cas pour le réseau distal de His-Purkinje (implication des canaux potassiques), où la conduction se comporte selon un principe « tout ou rien ».
Lorsque la fréquence cardiaque augmente, en l'absence de stimulation adrénergique concomitante (par exemple, stimulation auriculaire à une fréquence croissante), les vitesses de conduction nodales s'allongent, ce qui entraîne une augmentation progressive de l'intervalle PR. À l'inverse, si l'augmentation de la fréquence est associée à un effort physique ou à un stress, le ralentissement de la conduction est compensé par le raccourcissement des périodes réfractaires induites par les catécholamines (ce qui se traduit par un intervalle PR inchangé ou raccourci). Lorsque l’intervalle PR est prolongé à une fréquence atriale constante (comme sur ce tracé), l’onde P se rapproche progressivement du QRS précédent, l’intervalle PR devient de plus en plus court et, par conséquent, cette conduction ralentie entraîne une augmentation de la prolongation de l’intervalle PR, ce qui entretient le phénomène et conduit à l’apparition d’une onde P bloquée.
Le bloc AV du deuxième degré de type 1 correspond, dans la majorité des cas, à un trouble de la conduction au niveau du nœud auriculo-ventriculaire et à une exagération de la conduction décroissante. Cette localisation explique la morphologie majoritairement normale des complexes QRS. Lors d'un examen électrophysiologique, un ralentissement de la conduction nodale entraîne un allongement progressif de l'intervalle AH, l'intervalle HV restant normal et l'onde P bloquée n'étant pas suivie d'un potentiel de His.
Chez ce patient asymptomatique, ancien sportif, un test d'effort a mis en évidence un rétablissement de la synchronisation auriculo-ventriculaire normale (absence d'ondes P bloquées, intervalle PR prolongé puis raccourcissement à l'effort). Les complexes QRS étroits suggèrent un trouble intranodal présentant un faible risque d’évolution vers un bloc auriculo-ventriculaire du troisième degré. Ce patient est resté asymptomatique en l’absence d’implantation d’un stimulateur cardiaque.
