Tracé 1.10 : Bloc auriculo-ventriculaire complet et échappement intermittent

Informations destinées aux patients

Homme de 54 ans sans antécédents ; hospitalisation pour syncope

ECG

Question

En ce qui concerne cet ECG, quelle(s) est (sont) la (les) bonne(s) réponse(s) ?

Commentaires

Description de l'ECG
Bloc auriculo-ventriculaire du troisième degré avec dissociation auriculo-ventriculaire (tachycardie sinusale à 100 battements par minute) ; échappement jonctionnel intermittent avec QRS fin et hémibloc antérieur gauche (QRS fin, onde q en DI, aVL, et grande onde S en DII, DIII, aVF, axe gauche) ; en l’absence d’échappement jonctionnel, échappement ventriculaire situé plus bas (QRS large, axe droit) associé à une baisse de la fréquence cardiaque (intervalle RR plus long en cas d’échappement ventriculaire qu’en cas d’échappement jonctionnel)
Explication

Le rythme jonctionnel ou ventriculaire d’échappement chez un patient atteint d’un bloc auriculo-ventriculaire de type III est généralement régulier ; l’électrocardiogramme montre une dissociation auriculo-ventriculaire et la présence d’une bradycardie ventriculaire régulière avec des complexes QRS monomorphes. Parfois, l’échappement peut être instable, son activité ralentissant ou s’interrompant brutalement, ce qui entraîne l’apparition de symptômes plus ou moins graves en fonction de la durée de la pause et pouvant aller jusqu’à la mort subite. Ce tracé illustre le caractère labile de l’échappement jonctionnel chez ce patient. Lorsqu’il est présent, le QRS est relativement fin, la fréquence est lente mais permet néanmoins d’assurer une hémodynamique correcte. Lorsque ce foyer d’échappement ne se manifeste plus, un second foyer d’échappement ventriculaire situé plus bas prend le relais, avec des QRS larges et une fréquence plus lente, provoquant l’apparition de symptômes et suggérant un risque majeur de mort subite.

Ce patient a bénéficié de la pose d'un stimulateur cardiaque en urgence.

À retenir
Plus le bloc auriculo-ventriculaire est bas, plus le risque est élevé que l’échappement soit lent, fragile et intermittent, ce qui explique le risque accru de syncope ou de mort subite.
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