Trace 2.3 : Dysfonctionnement sinusal, échappement jonctionnel, dyspnée d'effort
Informations destinées aux patients
Homme de 64 ans, atteint d'une cardiopathie dilatée, hospitalisé pour une asthénie et une intolérance à l'effort ;
ECG
Question
En ce qui concerne cet ECG, quelle(s) réponse(s) est (sont) correcte(s) ?
Commentaires
Description de l'ECG
Bradycardie avec une fréquence cardiaque de 45 battements/minute, dysfonctionnement du nœud sinusal avec absence totale d’onde P sinusale, probablement un rythme d’échappement jonctionnel (complexe QRS régulier et modérément lent), avec un bloc de branche droite ; conduction rétrograde (activité auriculaire négative dans les dérivations inférieures avec un intervalle RP’ fixe) ;
Explication
Ce patient présentait des symptômes, notamment une asthénie et une dyspnée d'effort. Le test d'effort a révélé une incompétence chronotrope marquée, avec une dyspnée apparaissant dès les premières phases, associée à une absence quasi totale d'accélération de la fréquence cardiaque et à la persistance d'un rythme d'échappement jonctionnel sans réapparition d'une activité sinusale normale. La présence de cette insuffisance chronotrope sans cause curable a conduit à la décision d’implanter un stimulateur cardiaque (indication de classe I). Il existe en effet un consensus sur le fait que l’implantation d’un stimulateur cardiaque n’améliore pas la survie des patients présentant un dysfonctionnement du nœud sinusal, mais permet de réduire les symptômes associés. Il n’y a donc aucune indication théorique chez les patients asymptomatiques (classe III).
À retenir
L'incompétence chronotrope correspond à une forme particulière de dysfonctionnement du nœud sinusal se caractérisant par l'apparition ou l'aggravation des symptômes liée à une accélération insuffisante de la fréquence cardiaque. La pose d'un stimulateur cardiaque programmable (permettant d'accélérer la fréquence de stimulation en réponse à l'effort) constitue le traitement de référence.