Ce patient présente une bradycardie sinusale, c'est-à-dire une fréquence cardiaque inférieure à 50 ou 60 bpm (selon les définitions) au repos. Il est parfois difficile de faire la distinction entre une bradycardie physiologique et une bradycardie pathologique. En effet, une hypertonie vagale, fréquemment observée chez les patients sportifs, peut expliquer une bradycardie physiologique ne nécessitant ni examens particuliers ni traitement. Une étiologie médicamenteuse est également fréquente (bêtabloquants, digoxine, amiodarone, inhibiteurs calciques…). Le caractère pathologique et la prise en charge thérapeutique (implantation d’un stimulateur cardiaque) sont donc déterminés par la présence de symptômes, qui sont indispensables mais peuvent être plus ou moins sévères et plus ou moins spécifiques (syncopes, lipothymies, asthénie, vertiges). Une insuffisance chronotrope (définie par l’incapacité à atteindre une fréquence cardiaque à l’effort supérieure à 70, 80 ou 85% de la fréquence maximale théorique selon les définitions) peut s’accompagner de symptômes n’apparaissant qu’à l’effort (limitations des capacités d’effort, dyspnée d’effort).
Il a été décidé de ne pas poser de stimulateur cardiaque à ce patient asymptomatique présentant une fonction chronotrope préservée (accélération normale de la fréquence cardiaque à l’effort), mais de le surveiller à l’aide d’enregistrements Holter réguliers- ECG à la recherche de bradycardies paroxystiques plus marquées. Un traitement par bêtabloquant ou par inhibiteur calcique bradycardisant est déconseillé en raison de son hypertension.
