Cet électrocardiogramme présente un aspect de bloc bifasciculaire (bloc de branche droit + hémibloc antérieur gauche) et un intervalle PR modérément allongé. Cette association est parfois considérée à tort comme un bloc trifasciculaire. En effet, cet électrocardiogramme ne permet pas, à lui seul, d’affirmer l’existence d’un bloc trifasciculaire, puisque le PR long peut résulter d’un ralentissement au niveau du nœud auriculo-ventriculaire (bloc bifasciculaire) et non au niveau de l’hémibranche postérieure gauche, le fascicule restant. Il ne s’agit pas uniquement d’un problème de sémantique, puisque le pronostic diffère en fonction du degré d’extension des troubles de conduction. Une exploration électrophysiologique permet de localiser le site du ralentissement à l’origine de l’allongement de l’intervalle PR, en distinguant un retard au niveau de l’oreillette ou du nœud auriculo-ventriculaire (intervalle AH allongé), d’un retard au niveau du faisceau de His (potentiel hisien allongé ou dédoublé) et d’un retard distal au niveau des branches et du réseau de Purkinje (intervalle HV allongé). On observait chez ce patient un intervalle HV pathologique de 90 ms, témoignant d’une altération de la conduction dans la branche “ fonctionnelle ”, confirmant l’existence d’un bloc trifasciculaire
Certaines anomalies électrocardiographiques permettent de mettre en évidence l’existence d’un bloc trifasciculaire sans qu’il soit nécessaire de le confirmer par un examen électrophysiologique : alternance entre bloc de branche gauche et bloc de branche droit, alternance entre bloc de branche droit/hémibloc antérieur gauche et bloc de branche droit/hémibloc postérieur gauche.
Chez ce patient, la probabilité d’un bloc auriculo-ventriculaire complet à l’origine de la syncope était très élevée, ce qui justifiait la pose d’un stimulateur cardiaque.
