Tracé 1.3 : Bloc auriculo-ventriculaire du premier degré et bloc dit “ trifasciculaire ”

Informations destinées aux patients

Homme de 77 ans atteint d'une cardiomyopathie dilatée, hospitalisé pour une syncope

ECG

Question

En ce qui concerne cet ECG, quelle(s) est (sont) la (les) bonne(s) réponse(s) ?

Commentaires

Description de l'ECG
Rythme sinusal (ondes P positives en DI, DII, V5, V6, négatives en aVR) ; hypertrophie auriculaire gauche (onde P large, bifide avec une composante négative large en V1) ; intervalle PR allongé (220 ms) et fixe : bloc de branche droit du premier degré ; QRS large (160 ms) présentant un aspect de bloc de branche droit (onde R de grande amplitude en V1, onde S large en V6) et un hémibloc antérieur gauche (axe gauche, aspect rS dans les dérivations inférieures)
Explication

Cet électrocardiogramme présente un aspect de bloc bifasciculaire (bloc de branche droit + hémibloc antérieur gauche) et un intervalle PR modérément allongé. Cette association est parfois considérée à tort comme un bloc trifasciculaire. En effet, cet électrocardiogramme ne permet pas, à lui seul, d’affirmer l’existence d’un bloc trifasciculaire, puisque le PR long peut résulter d’un ralentissement au niveau du nœud auriculo-ventriculaire (bloc bifasciculaire) et non au niveau de l’hémibranche postérieure gauche, le fascicule restant. Il ne s’agit pas uniquement d’un problème de sémantique, puisque le pronostic diffère en fonction du degré d’extension des troubles de conduction. Une exploration électrophysiologique permet de localiser le site du ralentissement à l’origine de l’allongement de l’intervalle PR, en distinguant un retard au niveau de l’oreillette ou du nœud auriculo-ventriculaire (intervalle AH allongé), d’un retard au niveau du faisceau de His (potentiel hisien allongé ou dédoublé) et d’un retard distal au niveau des branches et du réseau de Purkinje (intervalle HV allongé). On observait chez ce patient un intervalle HV pathologique de 90 ms, témoignant d’une altération de la conduction dans la branche “ fonctionnelle ”, confirmant l’existence d’un bloc trifasciculaire

Certaines anomalies électrocardiographiques permettent de mettre en évidence l’existence d’un bloc trifasciculaire sans qu’il soit nécessaire de le confirmer par un examen électrophysiologique : alternance entre bloc de branche gauche et bloc de branche droit, alternance entre bloc de branche droit/hémibloc antérieur gauche et bloc de branche droit/hémibloc postérieur gauche.

Chez ce patient, la probabilité d’un bloc auriculo-ventriculaire complet à l’origine de la syncope était très élevée, ce qui justifiait la pose d’un stimulateur cardiaque.

À retenir
La présence d’un bloc bifasciculaire (bloc de branche droit + hémibloc antérieur gauche) associée à un intervalle PR allongé ne signifie pas nécessairement qu’il y ait un bloc trifasciculaire. La mise en évidence d’un intervalle HV long lors de l’examen électrophysiologique démontre un retard dans le faisceau restant.
X