Chapitre 3 · Surdétections · Cas 7
Choc électrique lors d’un barbecue
Patient et épisode
Patient
- Patient avec myocardiopathie ischémique implanté d’un défibrillateur simple chambre (Visia AF MRI XT VR) et ayant reçu un choc électrique lors d’un barbecue.
Le tracé
Touchez un numéro sur le tracé, ou une ligne de la liste ci-dessous
Fréquence / graphe des intervalles

EGM

- Est-ce que le graphe évoque un trouble du rythme ventriculaire ou un problème de surdétection ? Le graphe montre un raccourcissement brutal des cycles ventriculaires qui deviennent très courts, en zone de FV, à la limite de la valeur du blanking programmé (autour de 120 ms) ; l’existence de ces cycles très courts rend improbable le fait que cet épisode soit physiologique et corresponde à un véritable épisode d’arythmie ventriculaire ; le diagnostic le plus probable est donc celui de surdétection avec un choc électrique qui interrompt la surdétection.
- Quel est votre diagnostic ? L’EGM démontre une saturation de la ligne de base sur les 2 canaux (canal bipolaire et canal de choc), les signaux observés sur le canal de choc étant plus voltés ; ceci est caractéristique d’une surdétection d’une interférence électromagnétique (50 Hz) ; ces signaux sont détectés « FS » par le défibrillateur ; le compteur FS étant atteint (compteur probabiliste 30/40), l’appareil charge les condensateurs, et délivre un choc après confirmation qu’au moins 2/5 cycles sont rapides ; après le choc, le rythme sinusal réapparait.
Les points à retenir
- Le risque d’interférence électromagnétique avec un défibrillateur implantable a été fréquemment décrit dans l’environnement hospitalier, au domicile du patient ou durant ses activités professionnelles ; l’interférence peut survenir par conduction si le patient est en contact direct avec la source émettrice ou par radiation si le patient est situé à l’intérieur d’un champ électromagnétique.
- Les défibrillateurs les plus récents sont protégés contre la grande majorité des sources d’interférence que le patient peut rencontrer dans sa vie quotidienne ; les signaux parasites sont typiquement filtrés, l’analyse étant restreinte à une bande passante étroite correspondant aux signaux physiologiques (filtres passe-haut et passe-bas) ; cependant, la sensibilité élevée et adaptative requise dans un défibrillateur pour la détection correcte des signaux lors d’une fibrillation ventriculaire, peut favoriser la détection de signaux non physiologiques correspondant à la même bande passante.
- Les signaux correspondant à une interférence électromagnétique peuvent ne pas être filtrés de façon appropriée et conduire à des conséquences plus ou moins sévères allant de la survenue de thérapies inappropriées, à une inhibition chez un patient dépendant, un repli inapproprié pour faux diagnostic d’arythmie supraventriculaire, une stimulation ventriculaire rapide synchronisée sur une surdétection atriale ou une suspension de la détection; de façon exceptionnelle, une interférence avec un champ de haute intensité peut causer une lésion permanente des circuits.
- Le diagnostic d’interférence électromagnétique est basé sur la concordance entre une exposition à une source au moment de l’épisode et une surdétection de signaux caractéristiques (rapides, réguliers et saturant la ligne de base). Typiquement, le signal parasite est présent sur plusieurs canaux.
- Si la surdétection est prolongée, un choc électrique unique permet le plus souvent l’interruption de la surdétection puisque le patient interrompt généralement immédiatement son activité.
- L’interférence électromagnétique est plus fréquente pour une sonde bipolaire intégrée que pour une « vraie » détection bipolaire, l’antenne de détection étant plus large ; les signaux caractéristiques à haute fréquence et d’évidence non physiologiques, sont détectés sur les différents canaux disponibles (possible diagnostic de bitachycardie, FA + FV) et sont généralement de plus grande amplitude sur le canal de choc que sur le canal de détection.
Practice out loud
Just describe the tracing. What do you think is going on? Describing the numbers can help.
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Extrait de Medtronic DAI — cas cliniques par P. Bordachar, A. Thiyagarajah, L. Fontagne, M. Strik, S. Ploux. Publié par Cardiocases. Chaque marqueur numéroté d’un tracé est expliqué dans la liste située en dessous ; touchez un marqueur sur le tracé ou une ligne de la liste.
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