La chirurgie réparatrice d’une tétralogie de Fallot est moins “délabrante” pour le massif auriculaire qu’une intervention type Senning, Mustard ou Fontan. On retrouve toutefois une prévalence élevée de troubles du rythme atriaux à distance de la chirurgie. Typiquement, en dehors de la phase post-opératoire précoce, un espace libre de 10 à 15 ans sans survenue d’arythmie atriale est observé. La prévalence augmente ensuite pour atteindre 20% à l’âge adulte. Même si la chirurgie de cette pathologie n’est pas centrée sur l’oreillette, différents facteurs favorisent la survenue d’arythmies atriales. En effet, l’association entre atriotomie, cicatrice atriale droite, cannulation de l’oreillette puis surcharge prolongée en volume et/ou en pression 1) entraine le développement d’un remodelage électrophysiologique atrial droit diffus avec étirement du massif atrial, distorsion de l’orientation des fibres et 2) favorise la création d’isthmes atriaux de conduction lente propices à la macro-réentrée. Deux types d’arythmie atriale droite organisée sont décrits : le flutter isthme cavo-tricuspide dépendant et le flutter péri-cicatriciel. Les arythmies focales sont extrêmement rares. Comme chez ce patient, les flutters dits communs isthmo- dépendants sont les plus fréquents. Un circuit de macro réentrée peut également être favorisé par la réalisation d’une atriotomie latérale droite avec survenue d’un flutter péri-incisionnel. La durée du cycle de la réentrée atriale est généralement plus brève lors d’un flutter péri-cicatriciel que pour un flutter isthmo-dépendant, le circuit étant plus court. L’ablation d’un flutter péri-incisionnel consiste à réaliser une ligne de bloc entre 2 obstacles anatomiques : généralement entre la partie basse de la cicatrice et la veine cave inférieure, plus rarement entre la cicatrice et la valve tricuspide ou entre la partie supérieure de la cicatrice et la veine cave supérieure.
