Une tachycardie par réentrée électronique (TRE) est le terme utilisé pour définir une tachycardie électro-entrainée le plus souvent à la fréquence maximale de stimulation avec répétition de séquences stimulation ventriculaire – conduction atriale rétrograde. L’entretien d’une TRE résulte de la détection hors périodes réfractaires d’une onde P’ rétrograde qui entraine le déclenchement d’un délai AV souvent allongé, qui favorise de nouveau la conduction rétrograde après stimulation ventriculaire. Une TRE est donc une séquence répétitive dans laquelle le stimulateur réagit à chaque onde P’ rétrograde en stimulant le ventricule à une fréquence élevée qui à son tour génère une onde P’ rétrograde. Le cycle se répète ainsi indéfiniment à moins de l’apparition d’un bloc rétrograde ou de l’intervention d’un algorithme spécifique du stimulateur.
L’existence d’une conduction rétrograde est donc un préalable indispensable au démarrage et à l’entretien d’une TRE. La conduction rétrograde est présente en moyenne chez 40% des patients stimulés au repos, toutes indications confondues. Elle est beaucoup plus fréquente chez les patients implantés pour dysfonction sinusale que pour bloc auriculo-ventriculaire. Ces chiffres sont suffisamment élevés pour justifier d’une protection efficace à programmer systématiquement. En plus de la perméabilité de la conduction rétrograde, le démarrage d’une TRE implique la programmation d’un mode de suivi atrial (DDD ou VDD) et une perte momentanée ou permanente de la synchronisation atrio-ventriculaire. En effet, si l’activité ventriculaire est correctement synchronisée à celle de l’oreillette, la conduction rétrograde est bloquée. Les événements suivants peuvent favoriser une dissociation auriculo-ventriculaire temporaire, une conduction rétrograde et le déclenchement d’une TRE: une extrasystole ventriculaire (cause la plus fréquente), une extrasystole atriale avec allongement du délai AV pour respecter la fréquence cardiaque maximale programmée, un délai AV programmé trop long (la voie nodo-hissienne est sortie de sa période réfractaire au moment de la stimulation ventriculaire), une interférence externe ou des myopotentiels détectés par la chaine atriale, un défaut de détection ou de stimulation atriale…
Les premiers stimulateurs n’étaient pas protégés contre ce type d’emballement et la tachycardie pouvait durer indéfiniment et générer une symptomatologie parfois très invalidante. Une TRE de durée prolongée peut en effet être mal supportée avec une symptomatologie allant de la simple sensation de mal être ou de palpitations jusqu’à la décompensation cardiaque chez les patients présentant une cardiopathie sous-jacente.

Description tracé
L’analyse de l’EGM permet de confirmer le diagnostic de tachycardie par réentrée électronique: succession ininterrompue de cycles VP-AS (stimulation ventriculaire, détection atriale) avec allongement du délai AV pour ne pas dépasser la fréquence maximale de suivi;