Medtronic - Comptoir

Généralités

Compteur VT

Les spécificités du compteur VT doivent être parfaitement intégrées afin de permettre une programmation optimale. En effet, pour les dispositifs MedtronicTM, la méthode de comptage diffère complètement entre la zone VT (intervalles consécutifs) et la zone VF (compteur probabiliste), ce qui n'est pas le cas pour les DAI des fabricants concurrents (à l'exception des dispositifs BiotronikTM). Un intervalle classé dans la zone VT incrémente le compteur VT de +1 ; un intervalle classé dans la zone VF ne modifie pas le compteur VT (pas d'incrémentation, pas de décrémentation) ; un intervalle long classé VS remet le compteur VT à 0.
Ce compteur a été spécifiquement développé pour permettre un fonctionnement optimal pour les tachycardies dont le rythme est inférieur à 200 battements par minute, avec un double objectif : 1) détecter efficacement les épisodes de tachycardie ventriculaire monomorphe et régulière ; comme tous les signaux ont la même amplitude, le risque de sous-détection est limité ; 2) assurer un premier niveau de “discrimination” lors d'un épisode de fibrillation auriculaire.


Le compteur VT est rempli après un nombre programmable d'intervalles consécutifs classés dans la zone VT (tolérance pour les intervalles VF qui ne modifient pas le compteur). Tout intervalle classé VS remet le compteur VT à 0, ce qui a plusieurs conséquences : 1) un retour inapproprié de ce compteur à 0 se produit à la suite d'une sous-détection ventriculaire (fréquente dans les tachycardies ventriculaires polymorphes). Ce compteur n'est donc probablement pas adapté aux tachycardies supérieures à 200 battements/minute où certaines arythmies sont polymorphes avec des signaux d'amplitude variable ; 2) ce compteur permet d'améliorer la spécificité des diagnostics, un épisode de fibrillation auriculaire étant facilement associé à la présence d'intervalles longs itératifs (retour fréquent du compteur de TV à 0).

Cette spécificité est donc un avantage majeur de ce type de compteur. Le risque de thérapies inappropriées dues à la fibrillation auriculaire est significativement réduit, d'autant plus qu'il existe une tendance suggérée par les guidelines à l'augmentation du nombre d'intervalles requis pour le diagnostic de la TV. Pour qu'un épisode de FA, survenant à un rythme correspondant à la zone de TV, entraîne la survenue de thérapies inappropriées, il faut qu'il se produise conjointement avec : 1) un nombre d'intervalles consécutifs dans la zone VT (30 dans les nouvelles recommandations) sans intervalle long classé VS, ce qui est relativement rare lorsque la limite inférieure de la zone VT est programmée entre 150 et 160 battements/minute ; en effet, tout intervalle classé VS remet le compteur VT à 0 ; 2) une erreur de discrimination par PR Logic et par Wavelet, qui opère dans un deuxième temps et peut corriger une erreur diagnostique. Ceci explique le risque relativement faible de thérapies inappropriées dues à la FA dans la zone VT.

Il existe cependant un retard diagnostique généré par la spécificité fonctionnelle de ce compteur. Parfois, la tachycardie ventriculaire est irrégulière et oscille avec la limite inférieure de la zone VT. Lorsqu'un intervalle est classé VS, le compteur VT est remis à 0 alors que le diagnostic est manifestement VT à l'examen de l'EGM. Il est donc essentiel de programmer une marge suffisante par rapport au taux de tachycardie clinique afin d'éviter ce type de problème. Il est courant de programmer la zone VT 10 à 20 battements par minute plus lentement que la VT clinique, cette marge devant probablement être légèrement augmentée pour les dispositifs MedtronicTM, la survenue d'un cycle classé VS n'ayant pas les mêmes conséquences par rapport à d'autres dispositifs concurrents. Cette spécificité implique également que le compteur de TV ne soit pas utilisé pour les tachycardies supérieures à 200 battements par minute, le risque de sous-détection intermittente étant accru (tachycardies polymorphes plus fréquentes) et entraînant un retard ou une absence de diagnostic et donc de traitement. Le compteur probabiliste de FV semble plus approprié pour ce type de tachycardie.
Dans les dernières directives internationales, il existe des différences marquées en termes de conseils pour fixer les limites des zones de détection selon les fabricants de dispositifs. Le fonctionnement différent des compteurs explique en partie ces différences (en prévention primaire, MedtronicTM prévoit une seule zone de FV à 188-200 battements/minute, Boston ScientificTM une zone de TV jusqu'à 230 battements suivie d'une zone de FV).

Dans l'Encyclopédie Medtronic (voir Librairie), de nombreux exemples sont présentés qui clarifient les spécificités mentionnées ci-dessus.

Compteur VF

Il s'agit d'un compteur probabiliste (intervalles X/Y rapides) qui nécessite un minimum de 75% d'intervalles rapides (possibilités de programmation : 9/12, 12/16, 18/24, 24/32, 30/40, etc). Une fibrillation ventriculaire est, par définition, une arythmie rapide, désorganisée, chaotique, avec des signaux ventriculaires de faible amplitude et/ou d'amplitude variable. Toutes ces caractéristiques augmentent le risque de sous-détection avec des signaux occasionnels dont l'amplitude est inférieure au seuil de détection (valeur nominale de 0,3 mV) et souvent une grande variabilité de l'amplitude d'un battement à l'autre, ce qui est problématique étant donné que l'appareil utilise un niveau de sensibilité qui s'adapte à l'amplitude du signal précédent. Ce rapport 75% entre les intervalles rapides et lents a été choisi de manière à obtenir un équilibre optimal entre la bonne détection de la fibrillation ventriculaire (tolérance nécessaire à un certain nombre de pseudo-intervalles longs générés par la sous-détection) et la nécessité de ne pas remplir les compteurs en présence d'une surdétection des ondes T, P ou R (fréquemment associée à un rapport 50% d'intervalles courts.

Après le diagnostic de FV et le traitement associé, l'appareil doit ensuite différencier la fin de l'épisode d'arythmie de l'inefficacité du choc avec poursuite de l'arythmie, à l'aide de deux compteurs différents : 1) le compteur de redétection qui est programmable ; comme pour le compteur initial, il s'agit d'un compteur probabiliste avec un ratio de 75% (6/8, 9/12 ... 30/40) ; le nombre d'intervalles requis s'applique à tous les chocs suivants (de 2 à 6) au cours du même épisode ; il est d'usage de programmer la redétection à un nombre d'intervalles requis inférieur à celui de la détection initiale, le risque de sous-détection augmentant avec la durée de l'arythmie ; (2) le compteur de fin d'épisode qui est basé sur 2 critères : a) l'appareil diagnostique la fin de l'épisode lorsque 8 intervalles consécutifs de VS ou VP plus lents que la zone de détection la plus basse programmée (FV ou TV) sont détectés ; b) il diagnostique également la fin de l'épisode si, pendant 20 secondes, la médiane de 12 intervalles consécutifs est toujours plus lente que la zone de détection la plus basse programmée (FV ou TV).
A noter qu'une fois le compteur de redétection rempli, le choc sera automatiquement délivré à la fin de la période de charge en se synchronisant sur un complexe détecté ou de manière asynchrone si aucun intervalle n'est détecté (choc engagé ; pas de phase de confirmation à la fin de la période de charge).

Compteur VT rapide

Trois zones de détection et de traitement peuvent être programmées sur un dispositif Medtronic (FV, FVT, VT). Il est habituel et recommandé de programmer une seule zone de FV de 187 à 200 battements/minute en prévention primaire et d'ajouter une zone de TV 20 battements/minute plus lente que la tachycardie clinique en prévention secondaire. En pratique clinique, la question se pose de l'intérêt de programmer une troisième zone intermédiaire de FVT. Le choix du nombre de zones à programmer et la programmation ou non d'une zone supplémentaire de FVT (en plus de la FV et de la TV) soulèvent des questions différentes :


1. quel compteur d'arythmie utiliser ?
Cette question est essentielle pour les dispositifs MedtronicTM. En effet, le fonctionnement du compteur VT et du compteur VF diffère complètement, ce qui n'est pas le cas pour les dispositifs Boston ScientificTM, AbbottTM ou LivanovaTM (cette question n'intervient donc pas dans le choix du nombre de zones à programmer sur ces dispositifs). En revanche, sur un dispositif MedtronicTM, la fixation de la limite de la zone VT ou VF fixe également le type de compteur utilisé (intervalles consécutifs ou compteur probabiliste), ce qui aura une influence déterminante sur la capacité à détecter efficacement une arythmie ventriculaire polymorphe. Comme expliqué précédemment, le compteur VT a été conçu pour les tachycardies monomorphes et non pour les tachycardies > 200 battements/minute, qui englobent à la fois les tachycardies monomorphes et les tachycardies polymorphes. Lorsqu'une zone FVT est programmée, il est possible de sélectionner un programme via VT ou via VF. En conséquence, le compteur VT (intervalles consécutifs) ou le compteur VF (probabiliste) est utilisé. Lorsque l'option ‘via VF’ est préférée (souhaitable) pour une zone > 200 battements par minute, le choix de l'option des 3 zones (ajout d'une zone FVT) ne modifie donc pas la méthode de comptage par rapport à l'option avec 2 zones (VT + VF). En effet, le compteur de FV est utilisé pour toutes les tachycardies supérieures à 187-200 battements/minute pour les deux options.

2. dans quelle zone est-il possible de discriminer l'origine des arythmies ?
Les dernières recommandations préconisent de discriminer l'origine des arythmies (TV versus SVT) jusqu'à des rythmes très élevés (230 battements/minute). Cette question est donc centrale dans le choix du nombre de zones et des limites des zones pour tous les autres fabricants. En effet, il n'est pas possible pour ces derniers de discriminer dans la zone FV. La programmation d'une zone de FV relativement basse (de l'ordre de 200 battements par minute) limiterait donc considérablement la possibilité de discriminer l'origine des arythmies. Cette question ne se pose pas en ces termes pour les dispositifs MedtronicTM. Il est en effet possible de discriminer (PR Logic, Wavelet) même dans la zone FV. La limite de discrimination est programmée indépendamment de la zone de détection. La possibilité de discriminer n'affecte donc pas le choix de l'option 2 ou 3 zones.


3. Une zone doit-elle être programmée avec des thérapies intermédiaires ?
Traditionnellement, il est d'usage de programmer plusieurs séquences de stimulation anti-tachycardique (ATP) (entre 3 et 6) dans la zone de TV avant de délivrer éventuellement un ou plusieurs chocs et de délivrer sans délai des chocs électriques en première intention dans la zone de FV. Il peut donc être utile d'ajouter une zone intermédiaire de FVT (pour les tachycardies entre 200 et 230 battements/minute) avec la programmation d'une à deux séquences de stimulation tachycardique avant de délivrer les chocs. En effet, la stimulation anti-tachycardique est désormais considérée comme le traitement de première intention pour les tachycardies inférieures à 230-250 battements/minute. Cependant, la possibilité de délivrer un ATP pendant la charge ou avant la charge dans une zone de FV a réduit l'intérêt de programmer cette zone intermédiaire de FVT. Par conséquent, sa justification est actuellement uniquement de pouvoir programmer plus d'une séquence de stimulation anti-tachycardique.
En résumé, la programmation de 3 zones pour la prévention secondaire (par exemple VT de 160 à 200, FVT via VF de 200 à 230 et VF de plus de 230 battements/minute) par rapport à 2 zones (VT de 160 à 200 et VF de plus de 200 battements/minute) ne modifie pas la méthode de comptage, ni la capacité de discrimination, et peut simplement permettre d'ajouter 1 ou 2 séquences de stimulation anti-tachycardique à la zone FVT.

Compteur combiné

Dans un DAI MedtronicTM, les compteurs VT et VF fonctionnent indépendamment l'un de l'autre, de sorte qu'un intervalle classé comme FS n'incrémente pas le compteur VT, contrairement au fonctionnement de certains dispositifs concurrents. Cela peut donc théoriquement entraîner un retard de diagnostic lorsqu'une arythmie fluctue entre la zone VT et la zone VF, comme observé dans cet exemple. Le compteur combiné a été conçu pour résoudre ce problème et est toujours actif (non déprogrammable) si une zone VT et une zone VF ont été programmées. Le compteur combiné est déclenché systématiquement après la détection de 6 intervalles classés FS (pré-requis indispensable) ; le compteur combiné additionne les intervalles classés TS et FS et se remplit lorsque 7/6 (ratio non modifiable) du nombre d'intervalles requis en détection initiale dans la zone VF ont été détectés ; dans cet exemple, ce paramètre a été programmé à 30/40, le compteur combiné s'est donc rempli après 35 intervalles classés TS ou FS (7/6 de 30 = 35). Lorsque le compteur combiné est plein, l'appareil analyse les 8 derniers intervalles ventriculaires ; si au moins un de ces intervalles est classé comme FS, l'appareil diagnostique une FV et la première thérapie de la zone FV est délivrée ; si les 8 derniers cycles sont classés comme TS, l'appareil diagnostique une TV et la première thérapie de la zone TV est délivrée.
Le compteur combiné permet donc d'éviter un retard de diagnostic lorsque la tachycardie oscille entre la zone VT et la zone VF.

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