Ce patient présentait de multiples épisodes de tachycardie ventriculaire non soutenue stockés dans la mémoire de l'appareil et définis par la survenue d'au moins 5 intervalles consécutifs dans l'une des zones de détection sans qu'aucun des compteurs initiaux ne soit rempli (VT ou VF). Pour un même patient, plus le nombre d'intervalles requis est important (30/40 versus 9/12), plus la probabilité d'enregistrer un épisode de tachycardie ventriculaire non soutenue est élevée. La programmation de ce paramètre est cruciale pour la qualité de vie du patient mais aussi pour son pronostic. En effet, la programmation de 30/40 battements pour la détection initiale permet non seulement de réduire le nombre de thérapies inappropriées dues à un dysfonctionnement de la sonde ou à un épisode de tachycardie supraventriculaire, mais aussi de réduire le nombre de thérapies appropriées mais évitables. Associé à la programmation de zones de détection relativement élevées, cela se traduit par une réduction significative de la mortalité en prévention primaire. Le traitement d'un épisode d'arythmie ventriculaire maligne par choc électrique est la seule option pour obtenir une hémodynamique viable. D'autre part, les dernières recommandations, basées sur les études les plus récentes, suggèrent la nécessité d'éviter de traiter trop prématurément ou trop agressivement les arythmies ventriculaires plus lentes et organisées. Un choc électrique peut sauver une vie, mais il est associé à un effet délétère en soi et doit donc être évité dans la mesure du possible lorsque l'arrêt spontané est possible ou qu'une thérapie moins agressive peut être efficace. Il convient donc 1) de ne pas programmer systématiquement des zones de traitement trop basses pour la prévention primaire ; 2) d'allonger les compteurs de détection initiale dans la zone de TV mais aussi dans la zone de FV afin d'éviter de traiter des épisodes d'arythmie qui se terminent spontanément (thérapies appropriées mais évitables) ; 3) de promouvoir un traitement de première intention par stimulation anti-tachycardique même pour les tachycardies très rapides (limite : 230-250 battements/minute).
Le graphique montre un rythme initial apparemment normal suivi d'une accélération soudaine et de la démonstration d'une tachycardie régulière détectée dans la zone VT et traitée avec succès par une salve de stimulation anti-tachycardique.
Les spécificités du compteur VT doivent être parfaitement intégrées afin de permettre une programmation optimale. En effet, pour MedtronicTM la méthode de comptage diffère complètement entre la zone VT (intervalles consécutifs) et la zone VF (compteur probabiliste), ce qui n'est pas le cas pour les DAI des fabricants concurrents (à l'exception de BiotronikTM appareils). Un intervalle classé dans la zone VT incrémente le compteur VT de +1 ; un intervalle classé dans la zone VF ne modifie pas le compteur VT (pas d'incrémentation, pas de décrémentation) ; un intervalle long classé VS remet le compteur VT à 0.
Ce compteur a été spécifiquement développé pour permettre un fonctionnement optimal des tachycardies dont le rythme est inférieur à 200 battements par minute, avec un double objectif :
Le compteur VT est rempli après un nombre programmable d'intervalles consécutifs classés dans la zone VT (tolérance pour les intervalles VF qui ne modifient pas le compteur). Tout intervalle classé VS remet le compteur VT à 0, ce qui a plusieurs conséquences :