Homme de 65 ans implanté avec un DAI simple chambre Ilesto 7 340 VR-T pour une cardiomyopathie ischémique sévère.
Traçage du programmeur: 3 canaux sont disponibles ; les marqueurs avec les intervalles de temps, le canal de choc (FF : champ lointain) entre la bobine ventriculaire et le générateur d'impulsions, le canal de détection ventriculaire droit (V).
PatientCas clinique : homme de 75 ans implanté avec un DAI triple chambre Iperia 7 HF pour une cardiomyopathie ischémique avec bloc de branche gauche ; palpitations ; le compteur de détection initial a été programmé à 30 dans la zone TV1, à 28 dans la zone TV2 et à 24/30 dans la zone VF.
Traçabilité de la télémédecine: 4 canaux sont disponibles ; les marqueurs avec les intervalles de temps, le canal auriculaire (A), le canal de détection ventriculaire droit (RV) et le canal ventriculaire gauche (LV).
Les spécificités du compteur VT doivent être parfaitement intégrées afin de permettre une programmation optimale. En effet, pour BiotronikTM la méthode de comptage diffère complètement entre la zone TV (compteur haut et bas) et la zone VF (compteur probabiliste), ce qui n'est pas le cas pour les DAI des autres fabricants (à l'exception de MedtronicTM DCI).
Les différents événements ventriculaires sont classés en fonction des intervalles RR dans le ventricule rythmé (PV), la zone sinusale (VS), VT1, VT2 ou VF. La basse fréquence de chaque zone est programmable, les différentes zones étant continues. Il est donc possible de programmer une seule zone de détection (VF), 2 zones (VF + VT1) ou 3 zones (VF + VT2 + VT1). Un intervalle détecté dans la zone VF incrémente les compteurs VT2 et VT1 (+1) ainsi qu'un intervalle dans la zone TV2 pour la zone TV1. En effet, la détection d'un intervalle dans une zone de tachycardie incrémente de 1 le compteur des zones de tachycardie plus lentes. Inversement, un intervalle dans la zone sinusale décrémente le(s) compteur(s) VT1 et VT2 (-1) ainsi qu'un intervalle dans la zone TV1 pour la zone TV2. Il s'agit donc d'un compteur "up and down". Pour la plate-forme Hyperia, le compteur VT1 est programmable entre 10 et 100 intervalles, le compteur VT2 entre 10 et 80 intervalles. Un compteur atteignant le nombre d'intervalles requis nécessite un diagnostic et des thérapies associées.
Le compteur "up and down" détecte avec précision les tachycardies ventriculaires monomorphes et régulières entre 150 et 200 battements/minute avec des intervalles consécutifs détectés dans la même zone de tachycardie. Ce compteur peut également fonctionner efficacement pour les tachycardies plus rapides (entre 200 et 230 battements/minute), qui sont plus susceptibles d'être polymorphes et donc de présenter un risque accru de sous-détection. En effet, un intervalle classé VS en conjonction avec une sous-détection ne remet pas le compteur VT à 0 (différence avec MedtronicTM ICD) mais ne décrémente ce dernier que de 1. Une sous-détection intermittente retarde donc la détection mais ne l'empêche pas.
En pratique clinique, différentes questions se posent quant au choix du nombre de zones à programmer et à la programmation ou non d'une ou deux zones VT (en plus de la zone VF) :
Cette question est importante pour BiotronikTM appareils. En effet, le fonctionnement du compteur VT et du compteur VF diffère complètement, ce qui n'est pas le cas pour le Boston ScientificTM, AbbottTM ou LivanovaTM (cette question n'intervient donc pas dans le choix du nombre de zones à programmer sur ces appareils). Pour un BiotronikTM En revanche, le DCI, en fixant la limite de la zone de TV ou de FV, définit également le type de compteur utilisé (compteur "up and down" ou compteur probabiliste), ce qui peut avoir une influence sur la capacité à détecter efficacement l'arythmie ventriculaire polymorphe.
Les dernières directives recommandent de discriminer l'origine des arythmies (TV versus SVT) jusqu'à des taux très élevés (230 battements/minute). Cette question est donc centrale dans le choix du nombre de zones et des limites de zones pour le BiotronikTM des appareils. En effet, il n'est pas possible pour ces appareils de discriminer dans la zone FV. La programmation d'une zone de FV relativement basse (de l'ordre de 200 battements/minute) limiterait donc considérablement la possibilité de discriminer l'origine des arythmies.
Traditionnellement, il était habituel de programmer plusieurs séquences de stimulation antitachycardique (entre 3 et 6) pour les tachycardies entre 150 et 200 battements/minute avant de délivrer éventuellement un ou plusieurs chocs et de délivrer des chocs électriques sans délai comme traitement de première intention pour les tachycardies plus rapides. Aujourd'hui, la stimulation antitachycardique est considérée comme le traitement de première intention pour les tachycardies allant jusqu'à 230-250 battements/minute. Il pourrait donc être utile de programmer une deuxième zone TV (VT2) entre 200 et 230 battements/minute pour permettre le traitement initial de ces tachycardies par une ou plusieurs séquences de stimulation antitachycardique.
Cependant, la possibilité de délivrer un ATP en une seule fois dans la zone VF a réduit l'intérêt de programmer cette seconde zone TV intermédiaire. Sa justification se limite aujourd'hui à la possibilité de programmer plus d'une séquence de stimulation antitachycardique.
Les nouvelles lignes directrices internationales intègrent ces éléments et préconisent la programmation en tant que prévention primaire.TM dispositifs une zone FV à partir de 231 battements/minute, une zone TV2 à partir de 188 battements/minute et éventuellement une zone de surveillance VT1 ; en prévention secondaire, il est conseillé d'ajouter une zone TV1 avec des thérapies 10 à 20 battements/minute plus lentes que la tachycardie clinique.