Homme de 84 ans implanté avec un stimulateur cardiaque Biotronik Cyclos DR pour une maladie auriculaire ; asymptomatique, visite de routine.
Traçage 22a
Traçage 22b
Test de détection ventriculaire (VVI 40 bpm) ;
Traçage 22c
Changement de programmation de la sensibilité ventriculaire (stimulateur rendu plus sensible, abaissement de la valeur de sensibilité programmée) ;
La sensibilité du dispositif exprimée en millivolts (mV) qualifie la capacité du stimulateur cardiaque à détecter correctement les événements cardiaques spontanés. Une programmation adéquate du niveau de sensibilité doit permettre de détecter tous les événements cardiaques spontanés se produisant dans la chambre implantée, sans détecter d'autres événements (interférence avec la détection des signaux cardiaques provenant de l'autre chambre, myopotentiels, interférences, etc.) Inversement, dans la configuration unipolaire, le risque de détection de signaux extracardiaques ou de diaphonie nécessite la programmation d'un niveau de sensibilité plus faible avec un risque accru de sous-détection.
Traditionnellement, contrairement aux défibrillateurs implantables, les stimulateurs cardiaques fonctionnent avec une sensibilité stable et fixe sur l'ensemble du cycle cardiaque. Aujourd'hui, les différents fabricants proposent dans leur gamme de dispositifs une fusion entre les plates-formes de fonctionnement des stimulateurs cardiaques et des défibrillateurs. Bien que les contraintes de détection soient différentes (nécessité cruciale pour un défibrillateur de détecter et de traiter des troubles du rythme ventriculaire très rapides, polymorphes et de faible amplitude), les stimulateurs cardiaques modernes permettent la programmation d'une sensibilité adaptative (niveau de sensibilité variable en fonction de l'amplitude de l'onde R ou de l'onde P détectée) avec une augmentation progressive de la sensibilité au cours du cycle cardiaque (possibilité de détecter des signaux de faible amplitude sans sur-sensibiliser l'onde T).
Pour BiotronikTM Dans le cas des stimulateurs cardiaques, la sensibilité auriculaire et ventriculaire peut être programmée à une valeur fixe ou avec un réglage automatique (contrôle automatique de la sensibilité). Après une impulsion de stimulation, la sensibilité maximale est atteinte après 360 ms dans l'oreillette et 575 ms dans le ventricule. Lorsque la sensibilité ventriculaire est programmée sur automatique, la valeur de sensibilité maximale n'est donc pas programmable (valeur non modifiable de 2 mV).
Ces tracés révèlent une sous-détection de la PVC conduisant à une stimulation dans la période vulnérable. Le signal de dépolarisation d'une extrasystole est souvent fragmenté, les pentes de ses différentes composantes étant souvent plus lentes, avec un risque accru de sous-détection. En l'absence d'une détection correcte, le stimulateur cardiaque fonctionne en mode asynchrone, sans inhibition possible des activités ventriculaires spontanées. Il existe un risque théorique, faible mais non nul, d'induire une arythmie ventriculaire polymorphe maligne compromettant la survie du patient. En outre, cette stimulation inutile et dangereuse entraîne une consommation d'énergie préjudiciable à la durée de vie du dispositif. La programmation d'une sensibilité ventriculaire fixe plus adaptée a permis de corriger le problème. Le choix entre sensibilité automatique et sensibilité fixe est parfois difficile. La programmation d'une sensibilité ventriculaire fixe de 1 ou 2 mV rend l'appareil plus sensible que la programmation d'une sensibilité automatique. En présence d'un problème de surdétection ou de sous-détection, le choix de la méthode de détection (fixe ou adaptative) dépendra principalement de l'amplitude des signaux et de la variabilité de l'amplitude de ces signaux.