Femme de 72 ans implantée avec un stimulateur Azure XT DR double chambre pour des syncopes dues à un bloc AV paroxystique ; programmation du mode MVP.
Ce tracé illustre l'autre modification majeure incorporée dans la nouvelle version de l'algorithme MVP. Après une extrasystole ventriculaire ou une activité auriculaire bloquée, une stimulation auriculaire avancée suivie d'une stimulation ventriculaire avec un court délai AV est délivrée pour éviter une pause ventriculaire prolongée. L'appareil n'attend pas l'apparition de l'activité auriculaire qui suit (preuve d'une onde P ou d'une stimulation auriculaire bloquée) pour diagnostiquer l'altération de la conduction auriculo-ventriculaire.
Dans la version initiale de l'algorithme, la pause ventriculaire maximale après une activité auriculaire bloquée dépendait de la programmation de la fréquence minimale et de la présence d'une dysfonction sinusale (stimulation auriculaire à la fréquence minimale). Pour une fréquence minimale de 60 battements/minute, la pause maximale pouvait atteindre environ 2 secondes (4 secondes pour une fréquence de 30 battements/minute). Cette pause ventriculaire pourrait potentiellement générer des symptômes mais aussi favoriser la survenue d'arythmies ventriculaires (effet pro-arythmogène suite à une séquence ventriculaire intervalle long - intervalle court). Dans la nouvelle version de l'algorithme, 2 activités auriculaires sur 4 avec une conduction auriculo-ventriculaire altérée sont toujours nécessaires pour provoquer un switch. D'autre part, afin d'obtenir une transition plus progressive vers le mode DDD et d'éviter l'apparition de pauses ventriculaires à long terme éventuellement symptomatiques, si une activité auriculaire n'est pas suivie d'une activation ventriculaire, l'appareil entraîne l'oreillette de manière précoce, puis le ventricule avec un court délai AV. L'appareil analyse les intervalles PR successifs (AP-VS ou AS-VS) ; si la conduction auriculo-ventriculaire est altérée (absence d'onde R dans une fenêtre variable en fonction des intervalles PR précédents), l'oreillette est rythmée au minimum 420 ms, au maximum 600 ms, après l'activité auriculaire "bloquée" (spontanée ou rythmée). La durée de l'intervalle AA dépend des mesures précédentes des intervalles PR (420 ms si PR normal ou <320 ms). La stimulation ventriculaire est ensuite délivrée 80 ms après la stimulation auriculaire. Le but de cette séquence (stimulation auriculaire avant la stimulation ventriculaire) est d'éviter la survenue d'une pause tout en maintenant la synchronisation auriculo-ventriculaire afin d'empêcher la conduction rétrograde et de réduire ainsi le risque de tachycardie médiée par le stimulateur cardiaque. Le délai AA minimal de 420 ms permet également d'éviter la stimulation dans une période de vulnérabilité auriculaire et d'éviter l'induction d'arythmies auriculaires. Le fonctionnement est similaire en cas d'extrasystole ventriculaire avec une stimulation auriculaire précoce suivie d'une stimulation ventriculaire avec un délai AV court.
D'autres modifications ont également été apportées à la dernière version de l'algorithme. Le blanking ventriculaire post-atrial a été réduit de 30 à 10 ms pour éviter le risque de sous-détection d'une extrasystole ventriculaire tardive. Une fois le stimulateur passé en mode DDD, les modalités de recherche du retour de la conduction auriculo-ventriculaire ont été modifiées afin d'éviter les recherches itératives lorsque la conduction auriculo-ventriculaire ne se normalise que sur quelques intervalles (repassage en mode DDD moins de 15 secondes après le retour en ADI).
Sur cette nouvelle plateforme de stimulateurs cardiaques, il est possible d'obtenir le nombre de commutations qui se sont produites depuis le dernier suivi. L'appareil fournit également sur le rapport des informations détaillées sur les 10 dernières commutations avec le type de commutation, les dates et heures de commutation, la fréquence ventriculaire moyenne, la durée de l'intervalle AV. Aucune EGM de l'épisode de commutation n'est enregistrée.