Diaphonie ventriculaire détectée dans le canal auriculaire

Patient

Femme de 78 ans ayant reçu un stimulateur cardiaque Evia DR-T pour une syncope et un bloc AV paroxystique ; contrôle de suivi du stimulateur cardiaque.



Tracé

Tracé 11a

  1. détection auriculaire et stimulation ventriculaire ; diaphonie avec un signal correspondant à la dépolarisation ventriculaire détectée pendant le PVARP par le canal auriculaire ;

Tracé 11b

  1. changement de programmation avec prolongation de la période de protection en champ lointain (FFP) ; le signal identique est désormais surligné pendant la période FFP ;

Tracé 11c

  1. diminution de la sensibilité auriculaire permettant de supprimer le surdosage ;

Tracé 11d

  1. programmation du mode de suppression du Vp favorisant l'apparition d'une activité ventriculaire spontanée.

Commentaires

Chez ce patient, le diagnostic de diaphonie est évident. Le signal auriculaire auxiliaire détecté est de faible amplitude et très précoce par rapport à la stimulation ventriculaire. Ce tracé permet de mettre en évidence les particularités des périodes réfractaires auriculaires post-ventriculaires. Sur le premier tracé, une surdensité de la dépolarisation ventriculaire se produit pendant la PVARP. Si le rythme auriculaire du patient s'accélère (à l'effort par exemple), la fréquence auriculaire mesurée par le stimulateur cardiaque (qui inclut les cycles pendant la PVARP) dépasse la fréquence de repli, ce qui provoque une commutation de mode inappropriée. La première option consiste à prolonger la période de protection en champ lointain. Il s'agit d'une période réfractaire appliquée dans l'oreillette après la détection et la stimulation ventriculaires afin d'éviter la diaphonie. Elle n'est pas vraiment absolue puisqu'un signal détecté est mis en évidence sur la chaîne de marqueurs et est désigné comme Ars (FFP). En revanche, ce signal ne déclenche pas de délai AV et n'est pas intégré dans le compteur utilisé pour le diagnostic des arythmies auriculaires, ce qui évite des commutations inappropriées. La valeur nominale est de 100 ms (programmable entre 100 et 220 ms) après un événement ventriculaire spontané et de 150 ms (programmable entre 100 et 220 ms) après un événement ventriculaire stimulé.

Lorsque la diaphonie ne peut pas être corrigée par un ajustement approprié des périodes réfractaires, il est possible de modifier la sensibilité auriculaire tout en essayant de maintenir une marge suffisante pour la détection des signaux auriculaires à la fois en rythme sinusal et en arythmie. Chez ce patient, l'approche la plus simple consiste à programmer le mode de suppression Vp qui permet la récupération d'une conduction spontanée et évite ainsi la diaphonie.

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