Intervention d'un algorithme pour éviter la survenue de thérapies inappropriées - Protecta XT VR

Patient


Patient avec myocardiopathie dilatée implanté d'un défibrillateur simple chambre (Protecta XT VR).

Tracé

1- Quel est le diagnostic porté par le dispositif ?
Le dispositif a classé cet épisode comme une surdétection de bruit.

2- Quel diagnostic suspectez-vous sur le graphe ?
Le graphe montre un aspect caractéristique de nuage de points avec une variabilité cycle à cycle importante et des cycles ventriculaires très courts à la limite de la valeur du blanking programmé suggérant le diagnostic de surdétection.

3- Quel est votre diagnostic ?
L’EGM met en évidence sur le canal bipolaire des cycles anarchiques en amplitude et en fréquence, non reliés aux complexes QRS, certains signaux saturant les amplificateurs et certains cycles étant à la limite du blanking programmé ; la surdétection est bien moindre au niveau du canal de choc .V.

4- Quelle est l'explication à l'inhibition des thérapies ?
Le compteur de FV est rempli mais aucune thérapie n'est délivrée, le dispositif ayant posé le diagnostic de surdétection sur dysfonction de sonde après intervention de l'algorithme de bruit (N pour noise).

Message à retenir

  • Le manque de fiabilité au long cours des sondes de défibrillation représente une des limites principales des dispositifs implantables et constitue un des challenges les plus difficiles à relever pour les industriels impliqués.
  • Les dispositifs MedtronicTM sont équipés de 2 algorithmes complémentaires spécifiquement dédiés au diagnostic des dysfonctions de sonde et à la prévention des chocs inappropriés : le LIA et l'algorithme de discrimination du bruit sur la sonde VD (RV Lead noise discrimination).
  • Le principe de ce second algorithme est d'analyser les tracés EGM, d'identifier un épisode de surdétection (épisode non physiologique ne correspondant pas à une véritable arythmie) et d'inhiber les thérapies.
  • L'identification d'électrogrammes caractéristiques d'une rupture de sonde est basée sur une comparaison de l'amplitude (pic à pic) des signaux recueillis au niveau du canal de choc (far-field) et des signaux recueillis au niveau du canal de détection (near-field) ; .
  • L'amplitude de 12 signaux consécutifs est analysée sur une fenêtre glissante avec utilisation d'un compteur ; quand le nombre d'intervalles nécessaires à la détection d'une TV ou d'une FV est complété, si 3 des 12 séquences (comparaison amplitude au niveau du canal far-field et du canal near-field) sont classées comme “bruit”, la détection est interrompue, les thérapies ne sont pas délivrées et une alerte “bruit sur sonde VD” est déclenchée (une alerte sonore est émise par le dispositif toutes les 4 heures jusqu'à ce que le défibrillateur soit interrogé ; une alerte par télémédecine est également transmise si cette alerte spécifique a été programmée).
  • Cet algorithme peut être programmé sur Off, ON ou ON + Timeout ; dans le dernier cas, une durée est programmée ; si la surdétection de bruit se poursuit au-delà de cette durée (15 secondes à 2 minutes), les thérapies sont délivrées en dépit du diagnostic réalisé par le dispositif.
  • En pratique, en présence d'une dysfonction de sonde, le LIA permet un diagnostic beaucoup plus précoce que ce second algorithme ; en effet, le LIA alerte en présence de cycles courts et d'épisodes de TV non soutenue alors que l'algorithme de bruit n'intervient que si le compteur initial est rempli (30/40) et donc que lors d'un épisode soutenu de surdétection ; ce second algorithme n'est donc utile que si en dépit des alertes LIA aucune disposition n'a été prise ou que si le tout premier épisode de surdétection est soutenu suffisamment longtemps pour remplir les compteurs initiaux (présentation relativement rare).
  • Le LIA permet donc le plus souvent un diagnostic précoce, retarde les thérapies mais ne les inhibe pas et génère une alerte alors que l'algorithme de bruit permet un diagnostic souvent plus tardif mais inhibe les thérapies.
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