Une femme de 81 ans a présenté deux épisodes soudains de syncope sans traumatisme. L'ECG révèle des intervalles PR et QRS normaux, respectivement de 190 et 95 ms. Un ECG ambulatoire de 48 heures était normal. Les études électrophysiologiques n'ont révélé aucun bloc intra ou infra-hisien. Un Holter Reveal DX a été implanté.
Le patient a souffert d'un épisode de syncope avec traumatisme facial. Le patient n'ayant pas pu enregistrer l'épisode, les informations suivantes ont été automatiquement collectées par l'appareil :
Cette présentation clinique et électrocardiographique correspond probablement à un bloc auriculo-ventriculaire paroxystique idiopathique avec 1) plusieurs épisodes de syncope inexpliquée sans déclencheur clair, 2) un ECG initial qui ne montre pas d'anomalie de conduction, 3) l'absence de cardiopathie structurelle, 4) l'observation, dans le sillage de la syncope, d'un bloc auriculo-ventriculaire complet et soudain, sans augmentation marquée de l'intervalle PR ni changement de la fréquence cardiaque précédant l'épisode. Chez ce patient, l'augmentation de l'intervalle PR avant la pause est minime, et la fréquence cardiaque reste stable, tandis que la fréquence auriculaire s'accélère modérément au moment de la pause.
Le Holter implantable a révélé un trouble de la conduction auparavant difficile à mettre en évidence. Ce patient a subi l'implantation d'un stimulateur cardiaque, qui a permis d'éviter d'autres récidives. La stimulation permanente s'est avérée uniformément efficace dans des cas similaires publiés dans la littérature médicale. Ce cas clinique met en évidence les avantages et les limites de ce type de dispositif. D'une part, un diagnostic a été posé après la récurrence d'une syncope compliquée par un traumatisme facial. D'autre part, il semblait inacceptable de procéder à l'implantation d'un stimulateur cardiaque en première intention chez ce patient dont l'ECG était normal et les études électrophysiologiques non contributives.
L'activation du Holter implantable après le début d'un épisode, à l'aide de l'assistant patient, peut être impossible pour les patients qui 1) ont subi un traumatisme et sont temporairement immobiles ou assommés par une chute, 2) ont un trouble cognitif permanent, ou 3) ont une mobilité ou une dextérité manuelle limitée. Dans ces cas, un enregistrement automatique peut permettre d'établir un diagnostic, comme illustré ici.