TV soutenue traitée par une salve

Patient

Homme de 67 ans implanté avec un DAI Lumax 540 VR-T simple chambre pour une cardiomyopathie ischémique avec une fraction d'éjection de 20% ; rapport d'événement (couleur jaune) dans le cadre d'un VT2 classifié.



Tracé

3 canaux sont disponibles : les marqueurs avec les intervalles de temps, le canal de choc (FF : champ lointain) entre la bobine ventriculaire et le générateur d'impulsions, le canal de détection du ventricule droit (RV).

  1. rythme spontané ; l'affichage “PermVVI” au début du tracé reflète le fait que le DAI fonctionne en mode de stimulation permanente programmée (VVI) ;
  2. contraction ventriculaire prématurée ;
  3. tachycardie à déclenchement brusque détectée dans la zone VT2 avec modification de la morphologie par rapport au rythme sinusal ; l'affichage “onset” correspond au premier intervalle à partir duquel le critère de déclenchement brusque est vérifié ; la moyenne des 4 intervalles précédents (680 ms) et des 4 intervalles suivants (367 ms) explique la valeur de déclenchement brusque affichée (46%) ;
  4. classification de l'épisode VT2 après 24 intervalles en zone VT2 sans intervalle intercalé classé VT1 ou VS ; le RR moyen lors de la détection initiale (413 ms) correspond à la moyenne des 4 intervalles précédant le diagnostic ; la valeur de stabilité affichée (3 ms) correspond à la différence entre l'intervalle le plus long et l'intervalle le plus court sur les 4 derniers intervalles avant classification ; il faut noter que les fréquences d'échantillonnage du tracé (128 Hz) et du DAI (512 Hz à partir des DAI Lumax 740) diffèrent ; la résolution du tracé est donc de 8 ms alors que celle de l'appareil est de 2 ms ; ceci explique pourquoi les valeurs affichées sur le tracé sont moins précises que celles utilisées par l'appareil pour les mesures de stabilité, par exemple ; dans ce cas, les 4 derniers intervalles ont un couplage affiché de 414 ms sur le tracé ce qui impliquerait une stabilité de 0 ms ; une analyse plus précise a été effectuée par l'appareil et a montré une variabilité de 3 ms entre ces 4 intervalles ;
  5. l'ATP délivré n'est pas affiché ;
  6. l'arrêt de l'arythmie ;
  7. arrêt (fin de l'épisode) après 12 intervalles consécutifs classés VS (12 intervalles/16 VS) ; le RR moyen à la fin de l'épisode (884 ms) correspond à la moyenne des 4 intervalles précédant la fin de l'épisode ;

Traçage du programmeur (même épisode)

Les 3 canaux sont les mêmes que pour le tracé de télécardiologie.

  1. visualisation de la salve (10 stimuli de stimulation à un taux fixe de 80% du taux de tachycardie) ; l'affichage “PermVVI” à la fin de la salve reflète le fait que le DAI reste en mode de stimulation permanente programmée (VVI) pendant l'épisode de tachycardie et après une séquence de stimulation antitachycardique.

Commentaires

La durée maximale des EGM transmises par télémédecine est de 30 secondes avant la classification initiale, suivie d'un maximum de 10 secondes avant la classification de fin d'épisode ; seule une quantité maximale d'informations peut être transmise, ce qui signifie que, parfois, ces valeurs peuvent être inférieures ; les EGM transmises correspondent aux EGM récupérées sur le programmateur, mais avec un filtrage de la ligne de base pour limiter la quantité d'informations transmises. La durée des EGM récupérés sur le programmateur ne dépasse pas 3 minutes 30 secondes par épisode ; l'enregistrement des EGM commence 5 secondes avant le diagnostic d'apparition soudaine ou 30 secondes avant la classification si le critère d'apparition soudaine n'est pas rempli. Si l'épisode dure plus de 3 minutes 30 secondes, l'enregistrement est interrompu avec visualisation systématique du début et de la fin de l'épisode.

Ce tracé montre un exemple de TV interrompue par une salve de stimulation antitachycardique qui représente la thérapie de première ligne pour les TV <200 battements/minute. En effet, l'une des priorités de la programmation d'un défibrillateur implantable est de minimiser autant que possible le nombre de chocs délivrés sans compromettre la sécurité du patient. Idéalement, cela implique de mettre fin à la tachycardie avec la thérapie la moins agressive et la moins douloureuse possible. La stimulation antitachycardique représente donc la thérapie de première ligne pour les tachycardies organisées par rapport aux chocs électriques, la première étant moins douloureuse et limitant la consommation et l'usure de la batterie. De plus, l'effet délétère des chocs électriques a été clairement démontré. Le principe de la stimulation antitachycardique est de capturer l'arythmie et de mettre fin à une TV organisée en pénétrant dans son circuit de propagation à travers les ventricules. Le ventricule doit donc être stimulé à une vitesse supérieure à celle de la tachycardie. L'efficacité de ce type de thérapie a été démontrée pour une large gamme de tachycardies ventriculaires allant jusqu'à 250 battements/minute. La stimulation antitachycardique réduit près de 90% des tachycardies ventriculaires de fréquence <200 battements/minute avec un risque modéré d'accélération de 1 à 5%. Ces observations ont repositionné le “DAI” implantable comme traitement de première intention des arythmies par stimulation rapide, la défibrillation n'étant possible qu'en “secours”.

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