Patient atteint d'une cardiomyopathie dilatée et porteur d'un DAI simple chambre (Protecta XT VR) ; ce tracé montre le fonctionnement de l'algorithme de diagnostic du bruit spécifique sur la sonde ventriculaire droite.
Le graphique montre un diagramme de dispersion caractéristique avec une grande variabilité d'un intervalle à l'autre et des cycles ventriculaires très courts à la limite de la valeur de suppression programmée ; aucune thérapie n'a été délivrée, l'appareil ayant diagnostiqué une surdétection due à un bruit sur la dérivation.
Le manque de fiabilité à long terme des sondes de DAI représente l'une des principales limites des dispositifs implantables et constitue l'un des défis les plus difficiles à relever pour les fabricants concernés. À la suite des problèmes liés à la sonde Fidelis, la prévention des chocs multiples inappropriés par un diagnostic précoce des signes de dysfonctionnement et le développement de sondes plus résistantes est devenue une priorité absolue pour Medtronic.TM. Les appareils les plus récents sont équipés de 2 algorithmes spécifiquement dédiés au diagnostic des dysfonctionnements des sondes et à la prévention des chocs inappropriés.
1) LIA (Lead Integrity Alert) : l'apparition de thérapies inappropriées en cas de dysfonctionnement de la sonde est généralement précédée d'un changement soudain de l'impédance et/ou de courts épisodes de surdétection et/ou de l'enregistrement de cycles ventriculaires isolés très courts. Un dysfonctionnement de la sonde est identifié si au moins 2 des 3 critères suivants sont remplis au cours des 60 derniers jours :
2) l'algorithme de discrimination du bruit sur la sonde RV (RV Lead noise discrimination) : l'objectif de cet algorithme est d'identifier les EGM caractéristiques d'une fracture de sonde et de suspendre le traitement sur la base d'une comparaison de l'amplitude (crête à crête) des signaux recueillis dans le canal de champ lointain par rapport à ceux recueillis dans le canal de champ proche. L'amplitude (crête à crête) de 12 signaux consécutifs est analysée par une fenêtre coulissante à l'aide d'un compteur. Lorsque le nombre d'intervalles requis pour la détection d'une TV ou d'une FV est atteint, si 3 des 12 dernières séquences (comparaison d'amplitude dans le canal de champ lointain et le canal de champ proche) sont classées comme "bruit", la détection est interrompue, le traitement est suspendu et une alerte "RV Lead Noise" est déclenchée (une alerte sonore est émise par le dispositif toutes les 4 heures jusqu'à ce que le dispositif soit interrogé, une notification d'alerte de télésurveillance est également transmise si cette alerte spécifique a été programmée). Cet algorithme peut être programmé sur OFF, ON ou ON + Timeout OFF. Dans ce dernier cas, une durée spécifique est programmée ; si la surdétection de bruit persiste au-delà de ce temps (15 secondes à 2 minutes), les thérapies seront délivrées malgré le diagnostic effectué par l'appareil.
En pratique, en présence d'un dysfonctionnement de la sonde, l'AIL permet un diagnostic beaucoup plus précoce que le second algorithme. En effet, la LIA alerte en présence d'intervalles courts et d'épisodes de TV non soutenus alors que l'algorithme de bruit n'intervient que si le compteur initial est rempli (30/40) et donc lorsque l'oversensing se prolonge. Ce second algorithme n'est donc utile que si, malgré les alertes LIA, aucune disposition n'a été prise ou si le tout premier épisode de surdosage est suffisamment soutenu pour remplir les compteurs initiaux (présentation très rare). Il est à noter que l'AIL permet souvent un diagnostic précoce, retarde mais n'inhibe pas les thérapies et génère une alerte alors que l'algorithme de bruit permet un diagnostic souvent plus tardif mais inhibe les thérapies.