Jeune patient implanté avec un DAI simple chambre (Protecta XT VR) pour un syndrome de Brugada ; ce tracé illustre la valeur d'un algorithme spécifique pour diagnostiquer la surdétection de l'onde T et éviter l'apparition de thérapies inappropriées.
Sur ce graphique, on peut observer que l'appareil a posé un diagnostic de surdimensionnement de l'onde T, ce qui a permis de suspendre le traitement.
L'étape cruciale pour minimiser la surdensité de l'onde T est le choix des filtres passe-bande qui varient selon les fabricants (différence en termes de filtres passe-haut et passe-bas). La vitesse de balayage, caractéristique d'une onde T (signal lisse), est typiquement inférieure à celle d'une onde R (signal plus aigu) avec une fréquence habituelle de moins de 5 Hz, bien qu'elle puisse être modifiée dans diverses conditions (médicaments, ischémie, tonus sympathique, anomalies métaboliques). Dans certaines situations, les filtres et les amplificateurs de détection peuvent ne pas fournir une différence suffisamment importante en termes de valeur absolue des amplitudes de l'onde R et de l'onde T, de sorte que l'amplitude de l'onde T peut dépasser le seuil de détection.
La surdétection de l'onde T à la suite d'un battement ventriculaire spontané se produit de préférence en présence d'une onde R de faible amplitude, comme dans le cas de ce patient. La sensibilité et le gain étant automatiquement ajustés à l'amplitude de l'onde R immédiate détectée, lorsque l'onde R est de faible amplitude, l'appareil atteint rapidement des niveaux de sensibilité élevés. Les possibilités de reprogrammation sont limitées lors de l'apparition de ce type de problème (pas de possibilité de modifier les filtres ou de reprogrammer le niveau d'adaptation ou le délai sur le MedtronicTM et aucune marge de programmation pour la sensibilité ventriculaire). Ces situations sont donc difficiles, conduisent souvent à des compromis de programmation et il peut donc être nécessaire de repositionner la sonde.
Ce tracé illustre l'intérêt d'un algorithme spécifique dont le but n'est pas d'empêcher le surdosage de l'onde T mais de détecter sa présence et d'éviter la survenue de thérapies inappropriées. La discrimination des ondes R et des ondes T est réalisée au moyen d'un filtre différentiel qui amplifie la différence entre les 2 signaux. L'algorithme reconnaît la surdensité de l'onde T en identifiant la répétition de séquences avec alternance entre deux signaux de fréquences variables (un signal aigu, un signal lisse) avec des intervalles fixes (intervalles RT fixes, intervalles TR fixes). Différents paramètres sont ainsi analysés et si tous sont remplis sur 6 intervalles consécutifs, le compteur de dépassement de l'onde T est incrémenté de +1. Si un seul critère n'est pas rempli, l'ensemble des 6 intervalles consécutifs est classé comme normal. Le groupe suivant de 6 événements est ensuite évalué à l'aide d'une fenêtre mobile. Tant que 4 des 20 derniers cycles remplissent le critère de discrimination de l'onde T, l'appareil conserve le diagnostic de surdétection de l'onde T et la thérapie n'est pas délivrée. Cet algorithme est programmé nominalement sur ON.
Cet algorithme permet de diagnostiquer la surdensité de l'onde T et d'éviter l'apparition de thérapies inappropriées dans ce contexte. En revanche, le problème à l'origine de la surdensité, à savoir l'onde R de faible amplitude, n'est pas résolu. Un changement dans la configuration de la sensibilité ventriculaire se produit et sera discuté dans le tracé suivant. En dernier recours, si aucune option de reprogrammation ne semble acceptable, le repositionnement de la sonde peut être proposé.