Cet homme de 75 ans présentant une cardiomyopathie dilatée, une FEVG 30% et un bloc de branche gauche, a reçu un défibrillateur triple chambre Lumax 340 HF-T en prévention primaire. Il a été suivi à distance et, quelques mois après l'implantation de l'appareil, une alerte a été transmise.
Message d'alerte jaune pour un épisode classé de surveillance auriculaire. Le rapport révèle que le patient a souffert de plusieurs épisodes de fibrillation auriculaire avec changement de mode. La fréquence ventriculaire a augmenté chez ce patient avec une conduction AV préservée. Le pourcentage de stimulation de la BiV a diminué brusquement. Le canal EGM a montré un épisode classé comme SVT, avec une fibrillation auriculaire et une réponse ventriculaire rapide visible sur le canal auriculaire.
La fibrillation auriculaire est l'arythmie la plus fréquente enregistrée chez les porteurs de défibrillateurs implantables et elle est associée à une morbidité et une mortalité accrues. L'optimisation de la prise en charge des patients présentant des épisodes de fibrillation auriculaire est l'un des principaux objectifs des suivis par télésurveillance. La fibrillation auriculaire est associée à deux complications principales : 1) un état hémodynamique instable et 2) une incidence accrue de thromboembolies. La télésurveillance permet de confirmer rapidement le diagnostic de fibrillation auriculaire, en particulier lorsque les épisodes sont asymptomatiques, et d'exclure d'autres diagnostics, tels que la diaphonie ou la surdétection de bruits provenant de la sonde auriculaire. Cela permet d'adapter le traitement antiarythmique et d'initier rapidement une anticoagulation.
Le rapport à distance indique la charge de fibrillation auriculaire, le nombre d'épisodes et de commutations de mode, et affiche des histogrammes, des courbes de fréquence auriculaire et ventriculaire, et des pourcentages de stimulation BiV. Ce patient s'est plaint de symptômes minimes attribuables aux épisodes d'arythmie auriculaire malgré une fréquence ventriculaire rapide. Les épisodes subcliniques d'arythmie auriculaire augmentent le risque d'accidents vasculaires cérébraux et d'embolisation systémique. La télésurveillance a permis un diagnostic précoce et l'introduction rapide d'une anticoagulation et d'un traitement antiarythmique, qui auraient été mis en place des semaines ou des mois plus tard dans le cadre d'un suivi classique en face à face.