Choc dans la zone TV

Patient

Patient implanté avec un DAI double chambre (Entrust DR) pour une cardiomyopathie ischémique ; consultation pour choc électrique.



Tracé

Le graphique montre une arythmie ventriculaire probable détectée dans la zone TV, traitée successivement par 6 séquences de stimulation anti-tachycardique (3 salves suivies de 3 rampes) qui ne permettent pas le retour au rythme sinusal, suivies d'un choc électrique de 10 joules avec une terminaison réussie.

  1. l'EGM confirme une tachycardie ventriculaire avec dissociation auriculo-ventriculaire ;
  2. 3 salves successives (taux fixe) qui s'avèrent inefficaces ;
  3. 3 rampes (incrément entre chaque stimulus) ;
  4. la thérapie qui s'ensuit est un choc électrique ;
  5.  après un temps de charge très court, un choc électrique de 10 joules est délivré ;
  6. le choc réussi et l'arrêt de l'arythmie.

Commentaires

En l'absence d'une programmation universelle optimale, les résultats d'études à grande échelle s'accordent sur la nécessité de limiter l'incidence des thérapies inappropriées ou inutiles sans compromettre la sécurité des patients et de donner la priorité à la stimulation anti-tachycardique plutôt qu'aux chocs électriques. Il est habituel de programmer des thérapies de plus en plus agressives et la stimulation anti-tachycardique représente le traitement de première intention de la tachycardie monomorphe. Dans la zone de TV (<200 battements/minute), on programme donc habituellement une série de bursts plutôt que des rampes (indication de classe I). En effet, le rapport entre l'arrêt et l'accélération de l'arythmie semble favoriser la thérapie en salves (efficacité identique mais caractère pro-arythmogène moins marqué) par rapport à la rampe. Si les bursts s'avèrent infructueux, il est alors possible de programmer une série de rampes pour favoriser une thérapie indolore et par la suite une série de chocs électriques. Dans cet exemple, un choc de 10 joules permet de mettre fin à l'arythmie et de revenir au rythme sinusal. Différents paramètres influencent le choix de l'amplitude du premier choc dans la zone TV, qui peut être programmé à l'énergie maximale ou à une amplitude plus faible (de l'ordre de 10 Joules). Un certain nombre d'avantages peuvent être trouvés dans la programmation d'un premier choc d'amplitude modérée (10 Joules) :

  1. cette amplitude est très souvent suffisante pour mettre fin à un épisode de TV ;
  2. le temps de charge de cette amplitude est très court, même si les quelques secondes de différence par rapport à une amplitude maximale ne sont pas cliniquement déterminantes lorsque le choc survient après 3 séquences de burst plus ou moins 3 séquences de rampe (plus d'une minute d'arythmie) ;
  3. la consommation de la batterie est moindre pour un choc de 10 joules contre 35 joules mais n'a que peu d'impact sur l'usure des batteries si le nombre de chocs délivrés est limité ;
  4. malgré le fait que la plupart du temps, lors d'un épisode de TV, le choc électrique est délivré alors que le patient est encore conscient, le caractère douloureux du traitement n'a que peu d'influence sur la décision concernant l'amplitude du premier choc, étant donné la difficulté de démontrer un lien direct entre l'amplitude du choc délivré et l'amplitude de la douleur ressentie ;
  5. diverses études ont démontré le caractère délétère d'un choc électrique et son association avec une altération du pronostic ; il semble donc raisonnable de supposer qu'un choc de 10 joules aura moins de conséquences négatives qu'un choc de 35 joules et il paraît donc souhaitable de choisir la thérapie la moins traumatisante possible.
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