Reveal Linq et faux diagnostic de bradycardie

Patient

Patient de 22 ans présentant un électrocardiogramme caractéristique du syndrome de Brugada (type 1) et des syncopes répétées d'origine vagale systématique ; implantation d'un Reveal Linq ; après son retour à domicile, épisode de syncope avec prodromes marqués ; enregistrement déclenché par le patient.



Tracé

Cet épisode est classé comme Brady (4 cycles RR consécutifs avec un intervalle > 1500 ms) ;

  1. sur le tracé, on observe un rythme sinusal avec une grande variabilité de l'amplitude de l'onde R ; sous-détection de complexes de faible amplitude survenant après un complexe plus volumineux ;
  2. après 4 longs pseudo-intervalles RR (> 1500 ms), diagnostic de bradycardie ;
  3. l'épisode de bradycardie se termine après quatre ondes R consécutives détectées avec un intervalle ventriculaire inférieur ou égal à l'intervalle programmé.

Commentaires

Cet épisode correspond à un faux diagnostic de bradycardie en liaison avec une sous-détection des ondes R. Les causes les plus fréquentes de faux diagnostics de pause par l'appareil sont les suivantes

  1. la perte de contact entre les électrodes de détection de l'appareil et le tissu musculaire ; cela se traduit le plus souvent par l'absence de changements dans les intervalles RR avant et après la pause et par une déviation abrupte du signal enregistré suivie d'un retour progressif à la valeur de référence ;
  2. un défaut dans la détection de l'onde R de faible amplitude, comme dans cet exemple.

Différents réglages sont disponibles pour la programmation afin d'éviter l'enregistrement répétitif de fausses pauses. La sensibilité n'est pas fixe pendant le cycle cardiaque, mais s'adapte à l'amplitude de l'onde R détectée grâce à divers paramètres programmables. La détection d'une onde R déclenche une période de silence programmable (valeur nominale 150 ms) sans détection possible afin d'éviter un double comptage de l'onde R. Le seuil de détection est alors fixé à 1,5 ms. Le seuil de détection est alors fixé à 65% (valeur non programmable) de la valeur mesurée de l'onde R. Il convient de noter que ce seuil ne peut pas être modifié par l'utilisateur. Il est à noter que ce seuil ne peut pas dépasser 0,65 mV. Si une onde R dépasse 1 mV, le seuil de détection est automatiquement fixé à 0,65 mV. Le seuil de détection reste fixe pendant une période programmable (Durée du seuil de stabilité avant décroissance, valeur nominale 150 ms). A la fin de cet intervalle de temps, la sensibilité augmente (le seuil diminue) linéairement pendant une seconde pour atteindre 30% de l'amplitude de l'onde R (valeurs non programmables). La sensibilité reste fixe jusqu'à 1,5 seconde après la détection de l'onde R précédente. La sensibilité augmente ensuite jusqu'à 20% de la valeur maximale de l'onde R, puis de façon linéaire jusqu'à ce qu'une nouvelle onde R soit détectée ou que le seuil minimal programmé soit atteint. Le seuil de détection ne descend jamais en dessous du réglage de sensibilité programmé (valeur nominale de 0,035 mV). Pour éviter les problèmes de sous-détection, il est possible de raccourcir la valeur du blanking (peu efficace dans ce réglage), de réduire le temps de stabilité du seuil avant décroissance ou de réduire la valeur de sensibilité programmée en vérifiant que la nouvelle programmation n'est pas associée à une surdétection (onde P, onde T, myopotentiels).

Diverses modifications ont été apportées aux nouveaux appareils pour tenter de réduire les faux diagnostics de bradycardie ou de tachycardie qui peuvent saturer la mémoire de l'appareil.

  1. L'utilisation d'un nouveau revêtement en nitrure de titane pourrait optimiser la fiabilité de l'enregistrement des signaux électrocardiographiques, augmenter le rapport signal/bruit et réduire la surdétection des signaux parasites.
  2. Pour limiter le risque de sous-détection chez un patient présentant des extrasystoles ventriculaires (changement d'amplitude d'un battement à l'autre) ou des ondes R de faible amplitude, un nouvel algorithme de filtrage intelligent a été intégré. Lorsqu'une pause est diagnostiquée, un second filtre opère dans le but de reclasser les intervalles sous-densitaires et de rejeter les faux positifs (faux diagnostics de pause).
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