Logique PR et tachycardie sinusale

Patient

Patient atteint d'une cardiomyopathie ischémique et porteur d'un DAI double chambre (Evera XT DR) présentant des épisodes de tachycardie lente (125 battements/minute) ; programmation d'une zone de tachycardie lente à 520 ms ; ce tracé met en évidence le fonctionnement de l'algorithme PR Logic et le diagnostic de tachycardie sinusale.



Tracé

Le graphique montre une tachycardie 1:1 avec un ralentissement progressif de la fréquence ; aucun traitement n'a été administré après le diagnostic de tachycardie sinusale.

  1. l'EGM montre une tachycardie 1 : 1 ;
  2. diagnostic de la tachycardie sinusale ;
  3. l'option Sinus Tach a été programmée sur ON.

Commentaires

Ce patient a présenté de multiples épisodes de tachycardie lente symptomatique nécessitant une programmation spéciale avec une zone de tachycardie relativement basse (520 ms), augmentant le risque de chevauchement avec les fréquences sinusales observées pendant l'effort. Cet épisode présente les caractéristiques d'une tachycardie sinusale (rapport 1:1 entre les oreillettes et les ventricules, accélération et décélération progressives) bien diagnostiquée par PR Logic.

Lorsque l'option Tach sinus est programmée sur ON, plusieurs étapes sont utilisées pour parvenir au diagnostic de tachycardie sinusale :

  1. la première étape consiste à démontrer qu'il existe effectivement un rapport 1:1 entre les oreillettes et les ventricules ; cela peut correspondre à deux situations : tachycardie avec détection d'un signal auriculaire pour un signal ventriculaire, ou tachycardie avec détection de 2 signaux auriculaires pour un signal de détection ventriculaire s'il y a surdétection de l'onde R de champ lointain par la voie auriculaire ; une des spécificités de cet algorithme est de surveiller cette surdétection en mettant en évidence la répétition de séquences intervalle court-espace long au niveau auriculaire ; l'appareil corrige alors le rythme auriculaire et rétablit un rapport 1:1 dans son analyse.
  2. la deuxième étape consiste à déterminer si les intervalles RR sont compatibles avec une tachycardie sinusale ; pour chaque intervalle ventriculaire, le dispositif détermine une plage adaptative d'intervalles RR attendus (sur la base d'une valeur moyenne des intervalles RR précédents) ; chaque intervalle RR est donc défini comme attendu (dans la plage attendue pour une tachycardie sinusale) ou inattendu (en dehors de la plage attendue pour une tachycardie sinusale).
  3. la troisième étape consiste à déterminer si les intervalles PR sont compatibles avec une tachycardie sinusale ; pour chaque intervalle, le dispositif détermine une plage adaptative d'intervalles PR attendus (sur la base d'une valeur moyenne des intervalles PR précédents) ; chaque intervalle PR est ainsi défini comme attendu (dans la plage attendue pour une tachycardie sinusale) ou inattendu (en dehors de la plage attendue pour une tachycardie sinusale).
  4. dans la quatrième étape, l'appareil établit un compteur de tachycardie sinusale en fonction de l'analyse des intervalles RR et des intervalles PR successifs. Cet algorithme permet donc de corriger une éventuelle surdensité, reste valable en présence d'extrasystoles ventriculaires et est fonctionnel même en présence d'une conduction aberrante. Pendant une tachycardie 1:1, si le PR Logic conclut à une tachycardie sinusale, Wavelet (s'il est programmé sur ON) n'est pas intégré dans la discrimination et ne peut donc pas modifier le diagnostic. Inversement, si la logique PR conclut à une TV avec conduction rétrograde 1/1, l'ondelette (si elle est programmée sur ON) est intégrée dans la discrimination. Si la morphologie des complexes de tachycardie ventriculaire est considérée comme différente de la référence, l'appareil confirme le diagnostic de TV (thérapie délivrée). Inversement, si la morphologie est considérée comme similaire, l'appareil corrige le diagnostic et conclut à une tachycardie supraventriculaire (thérapie non délivrée).
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