Patient atteint d'une cardiomyopathie ischémique et porteur d'un DAI triple chambre (InSync Sentry) ; ce tracé montre le fonctionnement de l'algorithme PR Logic chez un patient souffrant de flutter auriculaire.
Le graphique montre un rythme auriculaire rapide et régulier et un rythme ventriculaire régulier ; les deux diagnostics possibles sont une double tachycardie ou un flutter auriculaire conduit ; aucune thérapie n'est délivrée, l'appareil ayant conclu à un flutter auriculaire conduit.
Ce patient présentait des épisodes de flutter auriculaire avec une conduction 2:1. Ce tracé permet de détailler les différentes étapes menant au diagnostic de flutter atrial :
1) Le rythme ventriculaire est-il plus rapide que le rythme auriculaire ?
Si c'est le cas, le diagnostic rendu par PR Logic sera le VT sans analyse supplémentaire. Si, comme dans le cas présent, la fréquence auriculaire est plus rapide que la fréquence ventriculaire, l'analyse se poursuit.
2) Existe-t-il une surdétection de l'onde R lointaine qui pourrait induire une erreur dans l'analyse de la fréquence auriculaire ?
L'algorithme PR Logic conclut à une surdétection du canal R du champ lointain par le canal auriculaire s'il révèle une succession de séquences auriculaires à intervalle court et long et soit un intervalle PR court (<60 ms), soit un intervalle AR court (< 160 ms). Dans cet exemple, ce type de séquences n'est pas retrouvé, les intervalles PP étant parfaitement réguliers (180 ms).
3) Le rythme auriculaire est-il compatible avec une arythmie auriculaire ?
Un compteur de FA analyse le nombre de signaux auriculaires détectés entre 2 complexes ventriculaires ; lorsque l'appareil montre au moins 2 événements auriculaires entre 2 ondes R, le compteur est incrémenté de +1 ; lorsque l'appareil ne montre aucun événement auriculaire entre 2 ondes R, le compteur est décrémenté de -1 ; lorsque l'appareil montre un événement auriculaire entre 2 ondes R, le compteur est décrémenté de +1 si le cycle précédent était identique (un événement auriculaire entre 2 ondes R) ; le compteur n'est pas modifié si le cycle précédent était différent. Le diagnostic de FA est possible si ce compteur (après correction d'une éventuelle surdensité) est au minimum de +6. Dans cet exemple, le compteur de FA s'incrémente à chaque cycle et dépasse donc largement +6. Les 3 diagnostics possibles à ce stade sont : FA conduite, flutter conduit et double tachycardie (FA / flutter + TV).
4) Le rythme ventriculaire est-il irrégulier et donc révélateur d'une FA conduite ?
L'analyse de la stabilité ventriculaire diffère de la manière dont la stabilité est évaluée avec un DAI simple chambre. L'appareil analyse les intervalles RR sur 18 cycles consécutifs (seuls les intervalles supérieurs à 240 ms sont analysés) et détermine le pourcentage de cycles observés pour un intervalle donné (... 360 ms, 350 ms, 340 ms, 330 ms, 320 ms, 310 ms, 300 ms ...) : par exemple, 35% des intervalles sont mesurés à 360 ms, 27% à 320 ms, etc.
L'appareil additionne les pourcentages des deux intervalles les plus souvent rencontrés. Si la somme des 2 pourcentages est supérieure à 75%, le rythme est considéré comme régulier. Si, au contraire, la somme est inférieure à 50% (forte variabilité des intervalles), le rythme est considéré comme irrégulier et témoigne d'une FA conduite. Dans cet exemple, le rythme est parfaitement stable (360 ms), ce qui permet d'éliminer le diagnostic de FA conduite. Les deux diagnostics possibles à ce stade sont : le flutter conduit et la double tachycardie (FA/flutter + TV).
5) Y a-t-il une association auriculo-ventriculaire (flutter conduit) ou une dissociation (double tachycardie) ?
La dissociation auriculo-ventriculaire est diagnostiquée si, pour au moins 4 des 8 derniers intervalles RR, il n'y a pas d'événement auriculaire ou s'il y a une différence de plus de 40 ms entre l'intervalle PR analysé et la moyenne des 8 intervalles PR précédents. Dans cet exemple, les intervalles PR sont parfaitement fixes, ce qui explique que l'appareil arrive au diagnostic final de flutter atrial conduit et que la thérapie n'est pas délivrée.
Si la logique PR conclut à un flutter auriculaire, l'ondelette (si elle est programmée sur ON) n'est pas intégrée dans la discrimination et ne peut donc pas modifier le diagnostic. Inversement, si la logique PR conclut à une double tachycardie, l'ondelette (si elle est programmée sur ON) est intégrée dans la discrimination.