Un adolescent de 14 ans, sans antécédents médicaux personnels ou familiaux, s'est présenté après quatre épisodes de syncope. À l'exception d'une repolarisation précoce dans les dérivations inférieures de l'ECG et d'extrasystoles ventriculaires provenant de la voie de sortie du ventricule gauche, tous les examens étaient négatifs. Après un nouvel épisode syncopal, un traitement antiépileptique a été introduit en raison d'anomalies électroencéphalographiques et un Reveal DX a été implanté en raison d'une repolarisation précoce récemment décrite comme un facteur prédictif putatif de mort subite.
L'appareil a enregistré automatiquement un événement. Le texte décrit un épisode détecté dans la zone FVT, qui a duré 5 secondes.
Ce jeune patient a été traité avec de la quinidine et a reçu un DAI. Ce cas illustre plusieurs points importants : 1) il a été initialement traité par un régime antiépileptique pour des syncopes récurrentes, une observation courante en cas de TV médiée par les catécholamines ou de syndrome du QT long congénital ; 2) l'ECG montrait une repolarisation précoce, une observation courante dans la population saine, compliquant sérieusement la stratification du risque de mort cardiaque subite. La place de l'ILR dans ce contexte est tout aussi délicate. Comme dans ce cas, elle permet de revoir le diagnostic, d'éliminer un traitement antiépileptique probablement inutile, d'envisager une cause cardiaque et de réorganiser le traitement. En revanche, cet épisode était particulièrement préoccupant, car il évoquait un risque évident d'issue fatale. Le rôle de l'ILR dans la stratification du risque de mort subite chez les patients présentant un syndrome de Brugada ou une repolarisation précoce reste controversé et nécessite des recherches plus approfondies.