PMT

Patient

Cet homme de 83 ans s'est vu implanter un stimulateur cardiaque Adapta à double chambre pour un bloc AV complet ; 4 jours après sa sortie de l'hôpital, il a été vu au service des urgences, se plaignant de palpitations ; ce tracé a été enregistré ; le stimulateur cardiaque est programmé en mode DDDR.



Tracé

Tracé 5a : enregistrement à l'arrivée du patient ; le premier canal est la dérivation I de l'ECG de surface sur laquelle les marqueurs sont superposés, le deuxième canal montre l'EGM auriculaire et le dernier canal est la dérivation II avec les intervalles de temps superposés ;

  1. tachycardie à 110 bpm, la fréquence maximale programmée ; répétition des cycles AS-VP avec prolongation du délai AV (210 ms alors que le délai AV programmé pour l'activité auriculaire spontanée est de 120 ms) afin de ne pas dépasser la fréquence maximale programmée ; il peut s'agir d'une tachycardie sinusale (peu probable avec le patient au repos), d'une tachycardie auriculaire relativement lente ou d'une TPM ;

Tracé 5b : une première interrogation révèle que l'algorithme anti-PMT est désactivé (programmation nominale) ; l'algorithme a été programmé et l'EGM enregistré ;

  1. même traçage que précédemment ;
  2. la programmation de l'algorithme ;
  3. le diagnostic de PMT est posé par le dispositif : 8 cycles consécutifs avec un intervalle VA <400 ms [340 ms chez ce patient : 500 ms (intervalle VP-VP) - 160 ms (délai AV)] ; l'intervalle VA commence par un événement ventriculaire stimulé, l'intervalle VA se termine par un événement auriculaire détecté, et la fréquence de stimulation = la fréquence maximale programmée ; intervention anti-PMT : prolongation de la période réfractaire auriculaire post-ventriculaire à 400 ms ; les événements auriculaires se produisent pendant cette période réfractaire et la stimulation ventriculaire n'est pas déclenchée ;
  4. stimulation auriculaire après 300 ms pour empêcher la stimulation pendant la période vulnérable auriculaire et empêcher une stimulation auriculaire inefficace lorsqu'elle est délivrée pendant la période réfractaire auriculaire absolue et naturelle, et stimulation ventriculaire (AP-VP) avec un court délai AV ; ce court délai AV est également une conséquence de la stimulation auriculaire non compétitive (NCAP), qui est automatiquement activée pendant 1 cycle après le 9e événement de stimulation ventriculaire d'un épisode de PMT. Cette fonction raccourcit le délai AV suivant pour maintenir une fréquence ventriculaire stable ;
  5. l'interruption de la tachycardie et du rythme AV cadencé (AP-VP) ;

Commentaires

Ce tracé correspond à un épisode de PMT et met en évidence certains aspects du fonctionnement des stimulateurs cardiaques double chambre de Medtronic :
1) l'algorithme d'interruption de la TMP n'est pas une programmation nominale ; il doit donc être programmé en routine, même en présence d'un bloc AV. Il est en effet possible, comme dans ce cas, que la conduction antérograde soit interrompue et que la conduction rétrograde soit préservée. Il est également possible qu'elle soit absente au repos et présente à l'effort ;
2) l'algorithme d'interruption permet de distinguer la tachycardie sinusale de la tachycardie auriculaire et de la TPM. L'interruption de la tachycardie est fortement en faveur de la TPM et, dans ce cas, exclut la tachycardie sinusale ou auriculaire. Il suffit de bloquer une seule fois la conduction rétrograde (VP-AS) ou la séquence AS-VP pour interrompre la tachycardie. L'algorithme allonge la période réfractaire, l'activité rétrograde auriculaire n'initie plus de délai AV ou d'événement ventriculaire rythmé et la tachycardie est interrompue ;
3) chez ce patient sédentaire de 83 ans, le PVARP peut être programmé à 360 ms, c'est-à-dire plus long que le temps de conduction rétrograde. La programmation d'un délai AV relativement court et adaptable à l'exercice (délai AV rythmé de 140 ms pendant l'exercice) permet de fixer un point 2:1 à 120 bpm.

La programmation des interventions anti-PMT n'est utile que lorsque le temps de conduction rétrograde est 400 ms. Dans ce cas, la PMT reste incessante et la prise en charge du patient est particulièrement difficile. Il faut s'efforcer d'éviter toutes les situations susceptibles de favoriser l'apparition d'une TMP. La prescription d'un médicament bloquant la conduction rétrograde, déjà ralentie, est un remède possible, mais cette mesure est rarement efficace. L'ablation par radiofréquence est une autre option, bien que cette nécessité soit très rare.

X