Traçage périodique

Patient

Femme de 83 ans participant à l'étude LBBB-TAVI.



Tracé

Tracé 2a: traçage périodique dans le cadre de la télésurveillance ;

  1. le tachogramme montre une fréquence cardiaque stable légèrement supérieure à 60 battements/minute (intervalles RR moyens de 943 ms) ;
  2. le diagramme de Lorenz représente la variation de la durée de l'intervalle RR d'un cycle par rapport au cycle précédent ; lorsque le rythme est parfaitement stable, tous les points sont regroupés au centre du diagramme ; le schéma de ce patient évoque très bien un rythme sinusal stable avec une variation minimale des intervalles RR ; les intervalles classés comme Vn (bruit) apparaissent sur le graphique en gris clair ;
  3. rythme sinusal stable avec une bonne visualisation des ondes P, des complexes QRS et des ondes T ;
  4. la durée totale du traçage est de 1 minute.

PatientLa femme de 85 ans participant à l'étude LBBB-TAVI.

Traçage 2b: traçage périodique dans le cadre de la télésurveillance ;

  1. tachogramme et tracé de Lorenz compatibles avec un rythme sinusal stable ;
  2. rythme sinusal stable avec visualisation intermittente de l'onde P (filtrée sur la plupart des complexes).

Commentaires

Le BioMonitor a été développé pour permettre un enregistrement automatique des épisodes diagnostiqués comme étant une fibrillation auriculaire, une bradycardie, une asystolie, une chute soudaine de la fréquence ou une fréquence ventriculaire élevée. Comme le montre le tracé précédent, l'enregistrement peut être déclenché par le patient à la suite d'un épisode symptomatique. L'appareil peut également transmettre périodiquement un tracé électrocardiographique, dont la fréquence est programmable. Par définition, ces tracés périodiques aléatoires n'ont pas de valeur diagnostique et leur analyse est souvent négligée. Cependant, ils permettent de vérifier la qualité des tracés même en l'absence d'épisodes enregistrés. La fiabilité et la capacité diagnostique du système dépendent largement de la qualité des tracés et de la possibilité d'identifier correctement les différentes composantes de l'électrocardiogramme (ondes P, complexes QRS, ondes T) sans interférence d'une source externe (myopotentiels, bruit externe, etc.). L'implantation d'un enregistreur à boucle implantable est généralement réalisée sous anesthésie locale dans la même salle d'opération que celle utilisée pour les stimulateurs cardiaques. Après une désinfection approfondie de la région thoracique gauche, le dispositif est placé entre le premier espace intercostal et la quatrième côte. La qualité des futurs tracés enregistrés, la capacité à éviter la surdétection d'artefacts saturant la mémoire et la capacité à discriminer correctement les différents types d'arythmie dépendent directement de l'optimisation de la procédure d'implantation. Deux éléments méritent une attention particulière :

  1. l'optimisation de la collecte de l'onde R ; de petites variations dans l'orientation du dispositif peuvent entraîner des variations significatives dans l'amplitude et la morphologie des signaux détectés. Il existe deux types d'enregistrement possibles : les enregistrements déclenchés par le patient à la suite de l'apparition de symptômes et les enregistrements automatiques liés à la détection d'une bradycardie ou d'une tachycardie. Lors d'un enregistrement déclenché par le patient, la visualisation correcte des ondes P, R et T facilite la différenciation entre tachycardie ventriculaire et tachycardie supraventriculaire, mais aussi entre pause sinusale et épisode de bloc auriculo-ventriculaire. En revanche, l'enregistrement automatique repose uniquement sur l'analyse du rythme ventriculaire et sur le comptage des ondes R, dont la spécificité peut être altérée par une surdétection des ondes P ou T par l'appareil. Il est donc essentiel d'obtenir un bon équilibre entre la détection de toutes les ondes R sans surdétection des ondes P ou T afin d'éviter la saturation de la mémoire (épisodes diagnostiqués comme bradycardie en cas de sous-détection, épisodes diagnostiqués comme tachycardie en cas de surdétection) tout en visualisant efficacement les ondes P pour permettre la différenciation entre dysfonctionnement sinusal et bloc auriculo-ventriculaire lors d'un épisode de bradycardie ou d'asystolie.
  2. réduire le risque de surdétection du myopotentiel ; pour garantir la fiabilité de la détection automatique des épisodes, il est important de minimiser les mouvements du dispositif dans la poche sous-cutanée. Par conséquent, la poche ne doit pas être trop grande pour éviter les mouvements, ni trop petite pour éviter l'extériorisation du dispositif.

Il convient de noter qu'il existe deux niveaux de filtrage différents. Pour la détection des complexes QRS et la classification des intervalles, la bande de fréquence utilisée par l'appareil est comprise entre 10 et 40 Hz afin d'éviter la surdétection des signaux de basse fréquence (ondes T, ondes P) et de haute fréquence (myopotentiels et interférences électromagnétiques). Pour faciliter l'interprétation des tracés par le médecin à partir du programmateur, différents filtres sont utilisés (0,5 à 40 Hz) afin de permettre la visualisation des signaux de basse fréquence tout en excluant les signaux de haute fréquence (artefacts, etc.).

Comme on peut le voir sur le deuxième tracé, les ondes P ne peuvent être visualisées que sur quelques complexes alors que la majorité est filtrée. En cas de pause ventriculaire, il sera difficile, voire impossible, de différencier la pause sinusale du bloc auriculo-ventriculaire.

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