Surdétection induites par l’utilisation d’un bistouri électrique - Resonate

Patient

  • homme avec myocardiopathie ischémique, implanté d'un défibrillateur triple chambre ; procédure de changement de boitier ; implantation d'un défibrillateur Resonate ; enregistrement de ce tracé pendant la procédure

 

Résumé

  • détection d'un épisode en zone de FV
  • absence de thérapie délivrée (dispositif non programmé sur surveillance + traitement)

 

Tracé EGM

  1. détection atriale et stimulation biventriculaire
  2. détection simultanée sur les 3 canaux (atrial, ventriculaire, choc) de signaux rapides, anarchiques, d'amplitude et de morphologie variables (classés AF, VF)
  3. arrêt de la surdétection
  4. nouvelle surdétection de signaux identiques


Message à retenir

  • le mode tachy ventriculaire contrôle la disponibilité des fonctions de détection et de traitement avec 3 options de programmation : 1) arrêt : désactive la détection des arythmies et la délivrance des thérapies ; 2) surveillance seule : désactive les thérapies mais permet la détection et l'enregistrement des épisodes d'arythmie ; 3) surveillance + traitement : active les fonctions de détection et d'enregistrement ainsi que les différentes thérapies programmées
  • chez ce patient, le mode tachy était programmé sur surveillance seule au cours de la procédure de changement de boitier ce qui explique la détection et l'enregistrement de cet épisode mais l'absence de thérapie délivrée ; une fois le boitier connecté et positionné dans la loge, le bistouri électrique a été utilisé pour réaliser l'hémostase
  • en règle générale, le diagnostic d’interférence électromagnétique est basé sur la concordance entre une exposition à une source au moment de l’épisode et une surdétection de signaux caractéristiques ; la surdétection d’une interférence électromagnétique est plus fréquente pour une sonde bipolaire intégrée que pour une “vraie” détection bipolaire, l’antenne de détection étant plus large
  • le tracé est caractéristique d'une surdétection du signal émis par le bistouri électrique : détection simultanée sur les 3 canaux (atrial, ventriculaire, choc) de signaux rapides, anarchiques, d'amplitude et de morphologie variables ; le diagnostic est évident dans la mesure où l'épisode a été enregistré durant la procédure de changement de boitier
  • lors d'un changement de boitier, il est d'usage de programmer le mode tachy sur arrêt de façon à éviter la survenue de thérapies inappropriées et l'enregistrement de tracés qui surchargent inutilement les mémoires du dispositif
  • il est possible de programmer chez les patients dépendants un mode spécifique permettant une stimulation asynchrone (AOO, VOO ou DOO) permettant d'éviter les inhibitions lors de l'utilisation du bistouri électrique
  • pour éliminer totalement le risque d'interférence délétère, une première option est de déprogrammer la détection et les thérapies ; une seconde option est de maintenir un aimant sur le boitier pour inhiber toute thérapie ; l'effet de l'aimant est réversible, et les thérapies et la mémorisation des épisodes sont de nouveau opérationnelles au retrait de l'aimant ; durant la procédure, une surveillance par scope doit être maintenue, le patient n'étant plus protégé par son défibrillateur
  • Dans les situations accidentelles où le défibrillateur n'est pas réactivé en post-opératoire, la télésurveillance (y compris intra-hospitalière) va permettre l'identification précoce de la situation à risque.

 

Cette figure montre le tracé caractéristique d'une surdétection du bistouri électrique avec mise en évidence de signaux anarchiques simultanément sur les 3 canaux

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