Surdétection des myopotentielles diaphragmatiques

Patient

Homme de 69 ans implanté avec un DAI Lumax 340 HF-T triple chambre pour une cardiomyopathie ischémique avec bloc de branche gauche ; rapport d'événement (couleur jaune) dans le cadre d'une FV classifiée.



Tracé

Traçage télécardiologique

  1. rythme rythmé dans l'oreillette et la stimulation biventriculaire ;
  2. surdétection d'un signal rapide de faible amplitude dans la zone de FV du canal ventriculaire droit ;
  3. classification de l'épisode de FV après 12 intervalles sur 16 classés dans la zone FV (3 Vs et 1 VT2, 12 FV : compteur FV rempli) ;
  4. aucune thérapie n'est délivrée ;
  5. fin de l'épisode ;

Traçage du programmeur (même épisode)

  1. début de la charge (ligne noire) ;
  2. arrêt de la surdétection et interruption de la charge après 3 intervalles ventriculaires stimulés.

Commentaires

Ce patient présentait une surdensité de myopotentielles provenant du diaphragme. Une inspiration profonde a permis de reproduire le phénomène.
Deux types de myopotentiels peuvent être surveillés par un DAI :

  1. myopotentiels diaphragmatiques : l'utilisation d'une sensibilité auto-ajustable élevée permet d'optimiser la qualité de la détection des signaux VF de faible voltage, mais augmente également le risque de surdétection des myopotentiels diaphragmatiques en fin de diastole, lorsque la sensibilité atteint son maximum. La stimulation ventriculaire permanente est associée à un risque accru de surdétection de ces myopotentiels car, après la stimulation, le temps passé à la sensibilité maximale est prolongé, en particulier à des fréquences cardiaques lentes. Les myopotentiels diaphragmatiques correspondent à des signaux de faible amplitude et de haute fréquence, le plus souvent détectés exclusivement sur le canal de détection (absents sur le canal de champ lointain). Les deux principales caractéristiques de ce type de signaux sont que leur amplitude varie avec le cycle respiratoire et qu'ils peuvent être reproduits par des manœuvres spécifiques (inspiration profonde, Vasalva, toux forcée). La surdensité se produit d'abord en fin de diastole lorsque la sensibilité est maximale. La détection de l'onde R vraie (de grande amplitude) modifie le niveau de sensibilité et interrompt, au moins temporairement, la surdensité de ces petits signaux, ce qui explique que la surdensité prolongée ne se produise que chez les patients dépendants d'un stimulateur cardiaque (absence d'onde R spontanée, niveau de sensibilité en permanence au maximum). La surdétection peut être évitée en réduisant le niveau de sensibilité avec la nécessité de vérifier la détection précise des signaux de FV. Chez les patients stimulés, une augmentation de la fréquence minimale de stimulation peut également avoir un effet favorable. Dans certains cas, il peut être nécessaire d'implanter une nouvelle sonde de défibrillation (système DF4) ou de stimulation (système DF1) à une distance éloignée du diaphragme (septum ou infundibulum).
  2. myopotentielles pectorales : dans un DAI, le générateur d'impulsions étant positionné dans la poche à proximité des muscles pectoraux (et ne faisant donc pas partie du circuit de détection), les myopotentielles pectorales ne devraient donc pas générer de surdensité. L'amplitude de ces myopotentiels est plus importante lorsqu'ils sont enregistrés au niveau du canal de champ lointain qui comprend le générateur d'impulsions (détection entre la bobine ventriculaire droite et le générateur). En revanche, s'il y a une rupture d'isolation (typiquement une érosion conduisant à une fuite de courant) au niveau de la partie poche de la sonde (frottement entre le générateur d'impulsion et la sonde), alors le canal de détection (champ proche) peut surdétecter les myopotentiels pectoraux, ce qui peut conduire à l'inhibition de la stimulation et/ou à la survenue de thérapies inappropriées. L'analyse des EGM dans ce contexte révèle la présence de signaux non physiologiques très rapides (haute fréquence). La surdensité peut être reproduite par des mouvements isométriques du bras ipsilatéral au générateur ou par la manipulation de la sonde dans la poche. En cas de suspicion de surdosage du myopotentiel pectoral, une radiographie du thorax doit être effectuée ainsi qu'une vérification complète du dispositif (valeurs d'impédance, seuils de stimulation et de détection). La présence d'une valeur d'impédance anormalement basse (stimulation et/ou défibrillation) ou une diminution soudaine de cette valeur est évocatrice d'une rupture d'isolation. Dans de très rares cas, une surdétection du myopotentiel peut être observée lorsqu'un système DF1 a été implanté avec inversion des broches du connecteur.

 

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