Patient implanté avec un DAI triple chambre (Protecta XT CRT-D) pour une cardiomyopathie ischémique ; l'épisode enregistré montre les limites de la programmation d'un choc de faible amplitude dans la zone de TV.
Le graphique montre d'abord un rythme auriculo-ventriculaire 1:1 suivi d'une accélération soudaine du rythme ventriculaire dans la zone TV ; 3 bursts suivis de 3 rampes sont infructueux ; un choc électrique de 10 joules est délivré qui ne met pas fin à l'arythmie mais l'accélère et la désorganise ; un choc électrique maximal de 35 joules permet la terminaison.
Ce tracé montre la principale limite de la programmation d'un choc de 10 joules dans la zone TV et le risque pro-arythmogène (concept de limite supérieure de vulnérabilité). En dessous d'une certaine valeur variable selon le patient et directement liée au "seuil" de défibrillation, un choc peut non seulement être inefficace pour terminer une arythmie mais aussi accélérer et désorganiser une TV monomorphe en une arythmie polymorphe compromettant le pronostic du patient à court terme. Ce tracé montre une arythmie extrêmement rapide, polymorphe et très inquiétante induite par le premier choc. Les arythmies induites sont souvent associées à des intervalles ventriculaires très courts ; il est très rare d'observer des intervalles aussi rapides (de l'ordre de 140 à 150 ms) sur des arythmies spontanées. Ce type d'effet indésirable est relativement rare mais constitue une limite importante de ce type de programmation.