Perte de stimulation biventriculaire due à la diaphonie VA

Patient

Homme de 68 ans implanté avec un défibrillateur triple chambre Viva XT CRT-D pour une cardiomyopathie dilatée avec bloc de branche atypique ; suivi de routine ; réduction du pourcentage de stimulation biventriculaire



Tracé

Épisodes d'événements ventriculaires détectés dans la mémoire de l'appareil

  1. 3 cycles AR-VS consécutifs ;
  2. commutation (MS : commutation de mode) au mode DDD avec récupération du synchronisme auriculaire ;
  3. alternance de cycles AS-BV-Ab ; probable diaphonie VA ;
  4. commutation en DDIR (MS) ;
  5. mode asynchrone (DDIR) sans délai AV après un événement auriculaire détecté ; événements ventriculaires spontanés (VS) ;
    Enregistrement d'un épisode d'AT/AF dans la mémoire du dispositif
  6. sur le tracé, schéma typique d'une voie ferrée (alternance de 2 rythmes auriculaires différents) compatible avec la diaphonie VA ;
  7. surdétection de l'onde R en champ lointain après la dépolarisation ventriculaire spontanée ; séquence AR-VS-Ab fixe, sauf pour certains cycles avec un intervalle VS-Ab très court ;
  8. interruption intermittente de la surdensité ;
  9. commutation en mode synchrone (MS) ;
  10. la dialectique reprend ;
  11. diagnostic de l'AF et commutation en mode DDIR ;
  12. absence de stimulation biventriculaire (événements ventriculaires spontanés) ;
  13. diagnostic de fibrillation auriculaire posé par l'appareil pendant une durée de 20 secondes ;
    Traçage enregistré lors de la consultation
  14. stimulation biventriculaire et diaphonie, le signal ventriculaire étant détecté par le canal auriculaire dans le PVARP (AR) ;
  15. diminution de la sensibilité auriculaire (de 0,3 à 0,6 mV) ;
  16. la diaphonie disparaît.

Commentaires

Dans un défibrillateur implantable à double ou triple chambre, toute stimulation dans l'une des chambres (canal auriculaire ou canal ventriculaire) génère un blanking dans l'autre chambre (canal ventriculaire ou canal auriculaire) afin d'éviter le risque de diaphonie. La programmation de longues fenêtres sans détection dans l'oreillette après la détection ou la stimulation ventriculaire augmente le risque de sous-détection d'une arythmie auriculaire et limite les capacités de l'appareil à discriminer l'origine des arythmies auriculaires, qui est basée sur la comparaison entre les taux auriculaires et ventriculaires. L'optimisation de la suppression auriculaire post-ventriculaire représente une étape essentielle de la programmation dans le but de trouver un équilibre entre la détection correcte des signaux auriculaires et le risque minimal de diaphonie. Dans les nouvelles plates-formes de stimulateurs et de défibrillateurs, 3 options sont programmables :

  1. le blanking absolu correspondant à un blanking traditionnel avec absence totale de détection et absence de marqueurs,
  2. suppression partielle : si elle est programmée à 150 ms par exemple, elle se divise en 30 ms de suppression absolue sans détection et ensuite 120 ms avec détection possible sans modification du niveau de sensibilité auriculaire programmé, tout signal auriculaire détecté étant marqué Ab sur la chaîne de marqueurs,
  3. suppression partielle + : si elle est programmée à 150 ms par exemple, elle se divise en 30 ms de suppression absolue sans détection et ensuite 120 ms avec détection possible mais avec une diminution temporaire du niveau de sensibilité auriculaire programmé afin de réduire le risque de diaphonie, tout signal auriculaire détecté étant marqué Ab sur la chaîne de marqueurs. La détection d'un signal auriculaire en suppression partielle ou en suppression partielle + n'induit pas de retard AV mais est prise en compte pour l'analyse du rythme auriculaire dans le processus de discrimination et dans l'algorithme de repli.

La mémoire de l'appareil et les électrogrammes des épisodes enregistrés doivent être systématiquement vérifiés pour confirmer le diagnostic posé par l'appareil. Chez ce patient, la mémoire du défibrillateur était saturée d'épisodes de courte durée diagnostiqués à tort comme des arythmies atriales en liaison avec la diaphonie. Ces épisodes répétés étaient responsables d'une diminution significative du pourcentage de stimulation biventriculaire. Un changement de programmation de partiel à partiel + n'a pas corrigé le problème. En revanche, une reprogrammation de la sensibilité atriale constante à 0,6 mV a été efficace.

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