Fracture du plomb et aystolie

Patient

Patient implanté avec un DAI triple chambre (Viva XT CRT-D) pour une cardiomyopathie dilatée primaire et hospitalisé pour une syncope ; ce tracé illustre le risque d'asystolie en conjonction avec une surdétection causée par un dysfonctionnement de la sonde.



Tracé

Le graphique montre d'abord une grande variabilité des intervalles ventriculaires avec des intervalles très courts suivis d'intervalles plus longs ; la stabilisation d'un rythme ventriculaire très rapide expliquant la détection d'un épisode de TV non soutenue.

  1. l'EGM révèle initialement la surdensité d'intervalles ventriculaires courts isolés liés à des potentiels de faible amplitude ; une stimulation ventriculaire droite se produit lorsqu'un signal est surdensé pendant la fenêtre de stimulation post-atriale, ce qui explique les intervalles très courts ;
  2. le surdosage persiste pendant 2 à 3 secondes expliquant l'apparition d'une pause ventriculaire.

Commentaires

Ce patient présentait une surdensité des myopotentiels pectoraux qui pouvait être reproduite par des contre-manœuvres du bras ipsilatéral au générateur d'impulsions. Chez ce patient présentant une altération de la conduction auriculo-ventriculaire, le surdosage a induit des pauses ventriculaires de durée variable, responsables de lipothymies/syncopes répétées. Deux types de myopotentiels peuvent être surdélivrés par un DAI :

  1. myopotentiels diaphragmatiques : l'utilisation d'un algorithme de sensibilité à réglage automatique élevé permet d'optimiser la qualité de la détection des signaux de FV à faible tension, mais augmente également le risque de surdétection du myopotentiel en fin de diastole, lorsque la sensibilité atteint son maximum. La stimulation ventriculaire permanente est associée à un risque accru de surdétection de ces myopotentiels étant donné qu'après la stimulation, le temps passé à la sensibilité maximale est prolongé, en particulier à des fréquences cardiaques lentes. Les myopotentiels diaphragmatiques correspondent à des signaux de faible amplitude et de haute fréquence, le plus souvent détectés exclusivement sur le canal de champ proche (absents sur le canal de champ lointain). Les deux principales caractéristiques de ce type de signaux sont que leur amplitude varie avec le cycle respiratoire et qu'ils peuvent être reproduits par des manœuvres de provocation spécifiques (inspiration profonde, Vasalva, toux forcée). La surdensité se produit d'abord en fin de diastole lorsque la sensibilité est maximale. La détection de l'onde R vraie (de grande amplitude) modifie le niveau de sensibilité et interrompt, au moins temporairement, la surdensité de ces petits signaux, ce qui explique que la surdensité prolongée ne se produise que chez les patients dépendants (absence d'onde R spontanée, niveau de sensibilité en permanence au maximum). La surdétection des myopotentiels diaphragmatiques peut être corrigée en réduisant le niveau de sensibilité, avec une vérification nécessaire de la fiabilité de la détection des signaux de FV. Chez les patients stimulés, une augmentation de la fréquence minimale de stimulation peut également avoir un effet favorable. Dans certains cas, il est nécessaire d'implanter une nouvelle sonde de défibrillation (système DF4) ou de stimulation (système DF1) à distance du diaphragme (septum ou infundibulum).
  2. myopotentielles pectorales : dans un DAI, la canette étant positionnée dans la poche à proximité des muscles pectoraux (qui ne font pas partie du circuit de détection), les myopotentielles pectorales ne devraient pas générer de surdensité. L'amplitude de ces myopotentiels est plus importante lorsqu'ils sont enregistrés au niveau du canal de champ lointain qui comprend également la canette (détection entre la bobine ventriculaire droite et la canette). En revanche, s'il y a une rupture d'isolation (typiquement une érosion conduisant à une fuite de courant) au niveau de la partie poche de la sonde (frottement entre la boîte et la sonde), alors le canal champ proche peut surdétecter les myopotentiels pectoraux, ce qui peut conduire à une inhibition de la stimulation et/ou à la survenue de thérapies inappropriées.

L'analyse des EGM dans ce contexte révèle la présence de signaux non physiologiques très rapides (haute fréquence). La surdensité peut être reproduite par des mouvements isométriques du bras ipsilatéral à la boîte ou par la manipulation de la sonde dans la poche. En cas de suspicion de surdosage du myopotentiel pectoral, une radiographie du thorax doit être effectuée ainsi qu'une vérification complète du dispositif (valeurs d'impédance, seuils de stimulation et de détection). La présence d'une valeur d'impédance anormalement basse (stimulation et/ou défibrillation) ou une diminution soudaine de cette valeur est évocatrice d'un défaut d'isolation. Dans de très rares cas, une surdétection des myopotentiels peut être observée lorsqu'un système DF1 a été implanté avec une inversion des broches du connecteur.

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