Ce tracé permet de mettre en évidence un modèle caractéristique de dysfonctionnement de la sonde avec détection excessive de signaux rapides et anarchiques, à la limite de la période réfractaire programmée. Dans les premiers stades du dysfonctionnement, la mémoire de l'appareil présente généralement plusieurs épisodes de TV non soutenue sans anomalie des mesures de la sonde. Dans un deuxième temps, on peut observer une rupture nette entre les différentes courbes d'impédance, de seuil et de détection ventriculaire droite. En cas de suspicion de dysfonctionnement de la sonde, divers examens et mesures doivent être effectués :
- radiographie du thorax : les anomalies radiographiques ne sont pas systématiques et un schéma typique de fracture du plomb n'est pas observé dans plus de 50% des cas ;
- mesures d'impédance de stimulation et de défibrillation répétitives : les dernières générations de DAI effectuent des mesures d'impédance périodiques (quotidiennes) avec une bonne corrélation entre les mesures sous-seuil et les mesures réelles lors d'un choc de grande amplitude effectivement délivré. La présence d'une valeur anormale ou de variations significatives dans les mesures quotidiennes (rupture dans la courbe d'impédance) peut révéler un dysfonctionnement de la sonde, bien qu'avec une sensibilité modérée. En effet, un nombre important de patients présentent un dysfonctionnement de la sonde révélé par la présence d'épisodes de surdosage sans mesures anormales de l'impédance ou de variations brusques des valeurs. Une valeur d'impédance basse est évocatrice d'une rupture d'isolation (fuite de courant) alors qu'une valeur élevée est évocatrice d'une rupture du fil de conduction (perte de continuité du circuit de défibrillation) ;
- évaluation des seuils de détection et de stimulation : l'altération des paramètres de stimulation standard est souvent retardée ; la sensibilité relative à une diminution de la détection ventriculaire ou à une augmentation des seuils de stimulation pour prédire les fractures de sonde est donc très faible ;
- analyse des différents électrogrammes endocardiques : le profil des électrogrammes endocardiques associés à une rupture de sonde est suggestif mais non spécifique : détection intermittente de cycles cardiaques désorganisés, rapides, non physiologiques avec saturation possible des amplificateurs (rupture du fil conducteur) ou faible amplitude (détection de myopotentiels due à la rupture de l'isolation). Ces signaux présentent une variabilité importante en amplitude et en fréquence, sont intermittents dans le cycle cardiaque et sont le plus souvent enregistrés dans la zone de FV avec des valeurs à la limite de la période réfractaire post-ventriculaire. Ils peuvent affecter le canal de détection et/ou le canal de champ lointain en fonction du site de rupture et ne peuvent devenir apparents qu'après l'administration d'un choc électrique lors d'un épisode réel de FV.
Chez ce patient asymptomatique, la télésurveillance a permis un diagnostic précoce et a ainsi évité l'apparition de thérapies inappropriées. Un diagnostic précoce permet également d'éviter la succession de charges inappropriées de la batterie qui, même si elles sont déviées, consomment de l'énergie et peuvent réduire considérablement la durée de vie de l'appareil. L'explantation de la sonde a montré une rupture d'isolation avec frottement entre le générateur d'impulsions et la partie endommagée de la sonde.