Compteur initial et compteur de redétection - Evera XT DR

Patient

Patient implanté d'un défibrillateur double chambre (Evera XT DR) dans le cadre d'une myocardiopathie ischémique ; hospitalisation pour syncope.


Commentaires

1- Quel diagnostic évoquez-vous sur ce graphe ?
Trois zones de détection ont été programmées ; initialement, le graphe suggère l'existence d'une TV à la limite de la zone de TV (dissociation auriculo-ventriculaire) ; dans un second temps, le rythme ventriculaire s'accélère avec des cycles irréguliers en zone de FV ; un premier choc maximal est délivré mais ne permet pas la réduction de l'arythmie ; un second choc maximal est délivré ; il semble efficace ; le diagnostic évoqué est donc celui de TV dégénérant en FV et nécessitant 2 chocs électriques.

2- Quel est votre diagnostic ?
Le tracé montre une arythmie ventriculaire rapide et polymorphe correspondant à une FV.

3- Comment est réglé le compteur initial ?
Il est réglé sur 30/40 ; les cycles TF. et FS implémentent le même compteur.

4- Comment fonctionne le dispositif à la fin de cette première charge ?
Le choc est dit « non commited », il existe donc une phase de confirmation ; le choc est délivré sur le second cycle rapide suivant le marqueur CE.

5- Quel a été l'effet du choc ?
Le choc a été inefficace avec persistance de l'arythmie.

6- Que signifie le marqueur FD ?
Le compteur de redétection programmé sur 12/16 est complété ; en effet à la suite du choc, on peut compter 12 cycles classés FS pour 2 cycles VS.

7- Comment fonctionne le dispositif à la fin de cette seconde charge ?
Le second choc d'un même épisode est dit « commited » c'est-à-dire qu'il sera forcément délivré si le compteur de redétection a été complété ; en fin de charge (CE), le dispositif se synchronise sur le premier complexe QRS détecté.

 

Message à retenir

  • Ce tracé de FV permet de discuter du fonctionnement du défibrillateur une fois que le premier choc a été délivré.
  • Une phase de blanking de 520 ms, où aucune détection n'est possible, survient systématiquement à la suite de tous les chocs pour éviter toute surdétection de la polarisation induite par le choc.
  • Le dispositif doit alors différencier réduction de l'épisode versus inefficacité du choc et poursuite de l'arythmie avec compétition entre 2 compteurs : 1) le compteur de redétection qui est programmable ; tout comme le compteur initial, il s'agit d'un compteur probabiliste avec un ratio de 75% (6/8, 9/12 ... 30/40) ; le nombre de cycles requis s'applique pour tous les chocs suivants (de 2 à 6) lors du même épisode ; il est d'usage de programmer en redétection un nombre de cycles requis plus faible que pour la détection initiale, le risque de sous-détection se majorant avec la durée de l'arythmie ; 2) le compteur de fin d'épisode qui s'appuie sur 2 critères : a) le dispositif diagnostique la fin de l'épisode quand 8 cycles consécutifs VS ou VP plus lents que la zone de détection (FV ou TV) la plus basse programmée sont détectés ; b) il diagnostique également la fin de l'épisode si durant 20 secondes, la médiane de 12 cycles consécutifs est toujours plus lente que la zone de détection (FV ou TV) la plus basse programmée.
  • Il est à noter qu'une fois que le compteur de redétection a été complété, le choc sera automatiquement délivré en fin de charge en se synchronisant sur un complexe détecté ou de façon asynchrone si aucun cycle n'est détecté (choc «commited» ; pas de phase de confirmation en fin de charge).

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