Cet homme de 64 ans, atteint d'une cardiomyopathie ischémique sévère, s'est vu implanter un défibrillateur double chambre Teligen de Boston Science pour la prévention secondaire après des épisodes de TV polymorphe. Quelques mois après l'implantation, il a été vu après avoir perdu connaissance et reçu un choc électrique.
Résumé
Cet épisode a été classé dans la zone de FV, ce qui a entraîné un choc de 41 J après un temps de charge > 8 secondes. Le délai entre l'apparition de l'arythmie et le choc électrique était donc de 10 secondes, ce qui pourrait expliquer la perte de conscience.
Tracé
Ce tracé illustre le fonctionnement normal d'un défibrillateur pendant un épisode de FV : l'arythmie a été détectée avec précision, suivie de la charge des condensateurs, de la confirmation de l'arythmie à la fin de la charge et de la délivrance d'un choc réussi. Une série de 8 chocs peut être programmée dans la zone de FV. La puissance des 3rd à 8th n'est pas programmable et est nécessairement la plus élevée (41 J). En revanche, l'intensité des deux premiers chocs est programmable, mais l'amplitude du second doit être ≥ à celle du premier.
Comme le délai entre l'apparition de l'arythmie et l'administration du choc a duré >10 secondes, ce patient a perdu connaissance. Ce délai comprend a) le temps de détection initial (critère non programmable 8 sur 10), b) la Durée (bien que programmable, elle a duré 1 sec dans ce cas, donc sans marge de programmation), c) le temps de charge des condensateurs (qui dépend de la puissance programmable du premier choc), et d) la confirmation non programmable à la fin de la charge, qui dure ≥500 ms). Le seul moyen de raccourcir ce délai est donc de modifier l'intensité du premier choc. En diminuant la puissance de ce premier choc (après vérification de son efficacité lors d'un test d'induction de la FV), on peut raccourcir le temps de charge et espérer délivrer le choc avant la perte de conscience, tout en sachant que la probabilité de succès de cette première thérapie est plus faible. L'âge du patient, ses activités personnelles et professionnelles et ses habitudes de conduite automobile peuvent avoir une influence sur cette décision. Chez ce patient, l'intensité du premier choc a été laissée inchangée, afin de donner la priorité à la sécurité et d'accepter le risque d'une nouvelle syncope en cas de récidive de ce type d'arythmie.