Discrimination double chambre et tachycardie sinusale

Patient

  • femme de 54 ans avec myocardiopathie dilatée ; implantée d'un défibrillateur double chambre Autogen

 

Résumé

  • épisode détecté en zone de TV-1 à 159 battements/minute
  • discrimination ID de Rythme
  • critère V>A : Faux
  • RhythmID corrélé : Vrai

 

Tracé EGM

  1. probable tachycardie sinusale avec conduction spontanée ; cycles classés VS ;
  2. accélération de la fréquence et cycles classés VT-1
  3. ccmplexes ventriculaires corrélés (pourcentage dépassant la valeur-seuil programmée de 94%)
  4. après 8 cycles en zone de TV-1 : marqueur V-Epsd
  5. fin de la durée, tous les complexes précédents sont corrélés
  6. poursuite cycle à cycle de l'étude de la morphologie ; ralentissement de la fréquence et cycles classés VS


Message à retenir

  • ce tracé correspond à une tachycardie sinusale bien discriminée par l'appareil ; l'existence de vecteurs corrélés, d'un rythme A/V 1/1 et d'un rythme stable peuvent évoquer une tachycardie sinusale ou une tachycardie atriale/flutter atrial ; l'accélération progressive puis la décélération sont plutôt en faveur d'une tachycardie sinusale ; même si la discrimination est correcte et si le dispositif a correctement diagnostiqué la tachycardie supra-ventriculaire, chez cette patiente active implantée en prévention primaire et n'ayant jamais présenté d'épisodes d'arythmie ventriculaire, il est probablement licite d'élever la zone de détection de TV pour ne pas avoir de chevauchement entre les fréquences physiologiques d'accélération de la fréquence sinusale et les zones de détection des arythmies
  • chez cette patiente, les discriminants « RhythmID » et « Discrimination tachyarythmie atriale » sont programmés sur Marche ; le dispositif procède suivant différentes étapes
  • étape 1 : critère V>A ; si la fréquence ventriculaire est considérée comme supérieure à la fréquence atriale : diagnostic de TV sans interférence possible des autres discriminants (morphologie, stabilité, FA ...) ; ce critère permet de discriminer correctement une majorité des TV qui présentent une dissociation auriculo-ventriculaire
  • étape 2 : si la fréquence ventriculaire n'est pas considérée comme supérieure à la fréquence atriale, l'analyse se poursuit avec le critère de morphologie ; si au moins 3 cycles ventriculaires sur 10 sont corrélés (fonctionnement identique à celui décrit pour le simple-chambre), la tachycardie est considérée comme supraventriculaire et les thérapies sont inhibées ; quand ce critère fonctionne correctement (seuil adapté au patient, qualité du signal satisfaisante), il permet de discriminer correctement une majorité des tachycardies supra-ventriculaires (tachycardie sinusale, FA, flutter, réentrées intra-nodales, tachycardies orthodromiques) ; le critère de morphologie se fera leurrer (diagnostic de TV alors qu'il s'agit d'une TSV) en présence d'une TSV avec aberration de conduction ou en présence d'une tachycardie antidromique sur voie accessoire (diagnostic anecdotique chez les patients implantés d'un défibrillateur) le défaut le plus fréquent est la surdétection de myopotentiels sur le canal de choc (exercices réalisés avec les bras)

 

Cette image montre les différentes options de programmation pour la discrimination (amélioration de la détection)

- arrêt : pas de discrimination (uniquement analyse de la fréquence et de la durée de l'arythmie)

- début/stabilité

- ID de rythme

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