Mode DDI à deux chambres

Patient

Homme de 63 ans ayant des antécédents de fibrillation auriculaire paroxystique ; bloc de branche droit complet à l'électrocardiogramme ; 3 épisodes de syncope soudaine ; étude électrophysiologique avec mesure de l'intervalle HV à 82 ms ; implantation d'un stimulateur cardiaque Adapta double chambre ; les 2 sondes sont bien positionnées avec une impédance de stimulation normale, une détection correcte et des seuils de stimulation satisfaisants ; 3 jours après l'implantation, contrôle du stimulateur ; programmation des différents modes de stimulation et enregistrement des tracés ; pour ce premier tracé, programmation en mode ODO.



Tracé

Traçage 7aprogrammation en mode DDI 60 battements/minute ;

  1. stimulation auriculaire et ventriculaire à la fréquence de base (AP-VP) ;
  2. accélération du rythme spontané auriculaire qui est détecté (AS) et n'entraîne pas de retard AV ; stimulation ventriculaire non synchronisée sur l'oreillette (pseudo-VVI) à la fin de l'intervalle de stimulation ventriculaire ; inhibition de la stimulation auriculaire dans le cycle cardiaque en cours ;
  3. rythme spontané auriculaire et ventriculaire : inhibition de la stimulation auriculaire et de la stimulation ventriculaire ;
  4. fusion avec le rythme spontané ventriculaire ;

Traçage 7bprogrammation en mode DDI 70 battements/minute ;

  1. stimulation auriculo-ventriculaire permanente (AP-VP) ; le rythme auriculaire spontané est "surmultiplié" en permanence par la stimulation auriculaire ; il convient de noter que cette stimulation auriculaire à fréquence accrue permet également de supprimer les extrasystoles auriculaires.

Commentaires

Le mode DDI fournit une stimulation AV séquentielle à double chambre avec détection des oreillettes mais sans suivi des oreillettes détectées. La synchronisation AV n'est assurée qu'à la fréquence de stimulation auriculaire actuelle (stimulation de base, stimulation sensible à la fréquence ou stimulation lissée à la fréquence). Si l'oreillette est plus rapide que la fréquence de stimulation auriculaire, il y a inhibition de la stimulation auriculaire et absence de retard AV ; lorsque les oreillettes sont spontanées, il n'y a pas de synchronisation ventriculaire.

Ainsi, en cas de bloc AV, les oreillettes spontanées ne synchronisent pas la stimulation ventriculaire si elles sont plus rapides que la fréquence de stimulation auriculaire actuelle : le fonctionnement est équivalent au mode VVI. Ceci explique l'absence d'emballement de la stimulation ventriculaire en cas de détection d'arythmie atriale, d'où l'utilisation du DDI comme mode de repli. C'est aussi la fonction choisie lorsque le stimulateur ne détecte pas correctement les arythmies atriales et donc ne se replie pas correctement, avec une stimulation ventriculaire erratique. Ce choix n'est donc pas satisfaisant chez un patient présentant un bloc AV et une fonction sinusale normale (pas de synchronisation de l'onde P détectée), mais est à l'inverse tout à fait acceptable si le patient présente également une dysfonction sinusale entraînant une stimulation auriculaire permanente même en cas de bloc AV permanent (puisque la stimulation auriculaire synchronise la stimulation ventriculaire). Le réglage du débit de base est donc essentiel. Il doit être élevé afin d'éviter l'apparition d'une activation auriculaire spontanée et être associé à une stimulation sensible à la fréquence. Chez ce patient, la programmation à 70 battements par minute assure une synchronisation auriculo-ventriculaire satisfaisante.

L'indication idéale pour ce type de mode est un patient présentant un bloc AV et une maladie atriale associant passage en FA rapide (pas de risque d'emballement) et dysfonction sinusale permanente après réduction (stimulation AP-VP).

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